Après une décennie de croissance fulgurante, le secteur technologique montre des signes de ralentissement en ce début d’année 2026, avec des baisses significatives qui interrogent sur la pérennité de la tendance haussière. Malgré ces reculs, certains experts estiment que la situation pourrait offrir des opportunités d’investissement intéressantes pour les titres actuellement sous-évalués.
Le secteur technologique a clôturé l’année 2025 avec un gain de près de 34 %, mais affiche depuis le 23 février une baisse d’environ 2,15 % depuis le début de l’année, se positionnant comme le deuxième secteur le moins performant sur les 11 du S&P 500.
Cette performance est en grande partie due à la sous-performance de plusieurs des « Magnificent Seven », ces sept géants technologiques qui ont dominé le marché ces dernières années. Les inquiétudes concernant un potentiel éclatement de la bulle liée à l’intelligence artificielle (IA) et un désintérêt généralisé pour les valeurs logicielles ont également contribué à ce repli. Des capitaux se sont ainsi orientés vers des secteurs considérés comme plus défensifs et vers des fonds négociés en bourse (ETF) à pondération égale.
Certains analystes nuancent toutefois ces craintes. Andrew Slimmon, responsable de l’équipe de conseillers en actions appliquées chez Morgan Stanley, souligne que « un marché haussier avancé n’est pas synonyme de fin de cycle ». Il rappelle que les marchés haussiers durent en moyenne entre cinq et sept ans, et que « l’histoire favorise le marché haussier la quatrième année », ce qui correspond à la situation actuelle en 2026.
Le NASDAQ a globalement perdu plus de 5 % de sa valeur par rapport à son plus haut d’octobre. Plusieurs valeurs technologiques, dont certaines des « Magnificent Seven », sont déjà en territoire de correction. Amazon et Meta Platforms ont par exemple perdu plus de 19 % de leur valeur depuis leurs sommets respectifs. Palantir affiche une baisse encore plus marquée, avec une perte de près de 37 %.
Cependant, des signaux positifs émergent. HubSpot, spécialisé dans la gestion de la relation client grâce à l’IA, a progressé de plus de 43 % depuis le début de l’année. International Business Machines a quant à elle chuté de plus de 13 % le 23 février seulement.
L’indice de force relative (RSI) du NASDAQ, actuellement à 41,4, se rapproche de la zone de survente (inférieure à 30). Bien que l’indice se négocie encore en dessous de sa moyenne mobile de 50 jours, ce qui suggère une possible poursuite de la baisse, certains analystes identifient des dizaines de valeurs technologiques survendues présentant un potentiel de hausse significatif.
Parmi ces valeurs, on peut citer :
- Adobe : RSI de 33, en baisse de 26 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 53 % au cours des 12 prochains mois.
- Paychex : RSI de 26, en baisse de 21 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 40 % au cours des 12 prochains mois.
- Accenture : RSI de 24, en baisse de 25 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 49 % au cours des 12 prochains mois.
- The Trade Desk : RSI de 28, en baisse de 34 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 131 % au cours des 12 prochains mois.
- Workday : RSI de 19, en baisse de 39 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 85 % au cours des 12 prochains mois.
- Intuit : RSI de 18, en baisse de 46 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 101 % au cours des 12 prochains mois.
- Automatic Data Processing : RSI de 20, en baisse de 21 % depuis le début de l’année, avec un potentiel de hausse de 42 % au cours des 12 prochains mois.
Au-delà des chiffres, les fondamentaux de ces entreprises s’améliorent également. Le ratio cours/bénéfice (P/E) de Meta Platforms, par exemple, est passé de 27,37 sur les 12 derniers mois à 24,13 à l’avenir, ce qui suggère une augmentation des bénéfices par dollar investi. La croissance du bénéfice par action (BPA) de Meta a été de plus de 73 % en glissement annuel en 2023 et de près de 61 % en 2024.