Publié le 24 février 2024 18h30. Le Maroc pourrait prochainement participer à la Force internationale de stabilisation (FIS) déployée à Gaza après l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, rejoignant ainsi l’Albanie et la Grèce dans cette mission de maintien de la paix.
- Le Maroc envisagerait de contribuer à la FIS, une force multinationale chargée de superviser le cessez-le-feu et d’assurer la sécurité à Gaza.
- Cette annonce intervient après l’engagement de l’Indonésie et à quelques jours d’un sommet de la paix sur la question.
- La FIS, prévue par une résolution de l’ONU, doit également prendre en charge certaines responsabilités sécuritaires actuellement assurées par le Hamas.
Selon des informations rapportées par le Jerusalem Post lundi dernier, Rabat serait en passe de rejoindre la FIS, aux côtés de l’Albanie et de la Grèce. L’Indonésie a déjà annoncé sa participation à cette mission internationale, dont le rôle est de garantir le respect du cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas.
La FIS s’inscrit dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en novembre dernier et soutenant le plan visant à mettre fin aux hostilités à Gaza. Au-delà de la supervision de l’accord de cessez-le-feu, la force multinationale aura pour mission de former les services de sécurité locaux, de sécuriser les frontières et de contribuer à la démilitarisation de la bande de Gaza. Elle devra également, selon les termes de la résolution, « prendre en charge » certaines des fonctions de sécurité actuellement assurées par le Hamas.
Cette possible implication marocaine intervient alors que le royaume a régulièrement dénoncé la violence à Gaza et appelé à la retenue. Le Maroc a également apporté une aide humanitaire significative et réaffirmé son soutien à une solution à deux États, avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine. De nombreux observateurs estiment que le Maroc, en raison de ses bonnes relations diplomatiques avec les deux parties, pourrait jouer un rôle de médiateur clé dans la résolution du conflit. Des analyses antérieures soulignaient déjà cette position potentielle.
L’envoyé américain Steve Witkoff avait annoncé en janvier la deuxième phase du plan, axée sur la reconstruction et la démilitarisation de Gaza. Il avait alors souligné l’importance du respect des engagements pris par le Hamas, avertissant que tout manquement entraînerait de « graves conséquences »
« Les États-Unis attendent du Hamas qu’il respecte pleinement ses obligations. »
Steve Witkoff, envoyé américain
La situation reste toutefois préoccupante, avec des obstacles persistants à l’acheminement de l’aide humanitaire et des violations signalées par l’ONU. L’organisation a notamment condamné la reprise par Israël des procédures d’enregistrement foncier en Cisjordanie occupée, craignant une dépossession des Palestiniens de leurs terres. L’ONU a rappelé que la présence continue d’Israël dans les territoires palestiniens occupés est illégale, conformément à la Cour internationale de Justice, et que de telles mesures sont déstabilisatrices.
« Les mouvements humanitaires qui nécessitent une coordination avec les autorités israéliennes continuent également de se heurter à des obstacles. »
ONU
Plus d’informations sur la FIS sont disponibles sur Al Jazeera.