Publié le 2025-10-23 13:18:00. Un revirement spectaculaire dans la politique américaine à l’égard de la Russie a surpris Moscou, qui espérait pourtant poursuivre le dialogue. La décision de Washington d’imposer de nouvelles sanctions et d’annuler une rencontre présidentielle suscite des interrogations.
- Moscou se dit ouverte à la poursuite des discussions malgré les sanctions américaines.
- Donald Trump justifie l’annulation d’une rencontre avec Vladimir Poutine par des exigences jugées « maximalistes » de ce dernier concernant l’Ukraine.
- Les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Lukoil, sont désormais sous le coup de sanctions américaines, menaçant les exportations vers l’Inde.
Le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé sa surprise suite à l’annonce de Donald Trump concernant de nouvelles sanctions sévères contre la Russie. La porte-parole Maria Zakharova a déclaré que Moscou ne voyait « aucun obstacle significatif » à la poursuite des négociations avec Washington, initiées par les présidents russe et américain, visant à définir un cadre politique pour le règlement de la crise ukrainienne. Le ministère russe est prêt à maintenir les contacts via le Département d’État américain, conformément aux accords issus de la conversation des deux chefs d’État le 16 octobre, afin de préciser les paramètres du dialogue bilatéral et des actions communes sur le dossier ukrainien.
Dans une déclaration mesurée, Maria Zakharova a qualifié les sanctions, qui visent notamment Rosneft et Lukoil, ainsi que la levée des restrictions sur les frappes à longue portée contre la Russie avec des armes occidentales, de « mesure contre-productive ». Elle a ajouté diplomatiquement qu’il « n’y aura pas de problèmes particuliers pour nous en relation avec la décision susmentionnée du département du Trésor américain », soulignant que les compagnies russes s’adapteront à cette nouvelle donne.
Cette décision intervient alors que le ministère russe des Affaires étrangères avait assuré la veille poursuivre les préparatifs d’un sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump, initialement prévu à Budapest dans les deux semaines à venir. Cependant, le président américain a confirmé l’annulation de cette rencontre, expliquant qu’il n’avait pas l’impression de pouvoir obtenir les résultats escomptés. Selon Donald Trump, Vladimir Poutine continuerait de formuler des exigences « maximalistes » à l’égard de l’Ukraine, ajoutant qu’il ne souhaitait pas que le dirigeant russe obtienne « tout » ce qu’il demande.
Les sanctions américaines frappent pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Lukoil, qui représentent les deux tiers de la production nationale. Cette mesure pourrait avoir des conséquences notables sur l’approvisionnement de l’Inde, devenu le deuxième marché d’exportation du pétrole russe après la Chine. Des sources indiquent que les raffineries indiennes se prépareraient à une réduction drastique de leurs importations en provenance de la Fédération de Russie en raison de ces restrictions américaines.