Publié le 29 octobre 2025, 08:56. Le ministre de l’Emploi et du Travail, Kim Young-hoon, a présenté la nouvelle politique gouvernementale axée sur la « démocratie sur le lieu de travail » et la lutte contre les accidents du travail, lors d’un petit-déjeuner politique organisé à Séoul.
Soulignant la nécessité d’un changement profond, le ministre Kim Young-hoon a plaidé pour l’instauration d’une « démocratie sur le lieu de travail » comme pilier de la politique de l’emploi et du travail sous l’administration Lee Jae-myung. Il a également insisté sur l’importance de sanctions plus strictes pour endiguer le fléau des accidents du travail, déclarant : « Les stigmates d’être un royaume d’accidents du travail et d’être une puissance culturelle ne peuvent coexister ».
Lors du « Petit-déjeuner politique mensuel Hankyoreh, ouvrir une nouvelle ère », qui s’est tenu à l’hôtel Plaza de Séoul le 29 octobre, le ministre Kim a exposé les grandes lignes de la politique du ministère. Une cinquantaine de chefs d’entreprise étaient présents, témoignant de l’intérêt croissant pour ces questions.
Le ministre a développé la notion de « démocratie sur le lieu de travail », la considérant comme une extension naturelle de la « démocratie sur la place » qui a marqué le début de l’administration Lee Jae-myung. Il a déploré le fait que les principes démocratiques ne s’appliquent pas toujours dans l’environnement professionnel, laissant de côté des statuts tels que les sous-traitants, les travailleurs de plateformes ou les indépendants, qui ne bénéficient pas toujours des droits constitutionnels fondamentaux.
La loi dite « sur l’enveloppe jaune », qui impose aux entreprises donneuses d’ordre de négocier avec les syndicats des sous-traitants, a été présentée comme un outil clé pour renforcer la démocratie au sein des entreprises. Selon le ministre, cette loi faciliterait la négociation entre les travailleurs sous-traitants et leur donneur d’ordre, contribuant ainsi à une répartition plus équitable des richesses et à une croissance partagée.
Face aux interrogations sur la clarté des critères d’application de cette loi et le risque de sanctions pour les donneurs d’ordre, le ministre Kim a précisé que les poursuites pénales pour pratiques déloyales nécessitaient une intentionnalité. Il a également annoncé la création d’un comité d’arbitrage au sein de la Commission des relations de travail pour trancher rapidement les litiges et prévenir leur escalade.
Le ministre a également fourni des exemples concrets, citant le cas d’un travailleur sous-traitant dont la rémunération était significativement inférieure au montant du contrat. Il a suggéré que les entreprises principales, qui supervisent des tâches simples, pourraient être considérées comme les employeurs réels des travailleurs sous-traités, et que l’embauche directe pourrait être une solution. Concernant les investissements en matière de sécurité, il a précisé que les demandes des syndicats de sous-traitants relatives à la sécurité, issues de négociations collectives, ne seraient pas considérées comme une « expédition illégale ».
La politique d' »éradication des catastrophes majeures » a également été au cœur des discussions. Le gouvernement mise sur un renforcement des sanctions, notamment des amendes accrues pour les entreprises récidivistes et des sanctions pénales plus sévères pour les dirigeants responsables d’accidents graves. Le ministre a reconnu les limites de ces mesures, expliquant que la peur des sanctions pouvait parfois inciter à dissimuler la vérité. Néanmoins, il a souligné que ces sanctions étaient « absolument nécessaires » pour sortir de la crise actuelle.
L’objectif principal, a-t-il précisé, est de prévenir les accidents graves et non de se contenter de les sanctionner a posteriori. Le ministre a également exprimé sa conviction que le soutien ciblé aux petites et moyennes entreprises, où les accidents sont plus fréquents, en collaboration avec les grandes entreprises, pourrait contribuer à réduire leur nombre. L’évaluation conjointe des risques par les travailleurs et la direction, ainsi que le droit de suspendre un travail dangereux, ont été identifiés comme des éléments essentiels.
Le ministre a exprimé sa vive préoccupation face aux accidents du travail dans le secteur public, pointant du doigt les délais de construction irréalistes imposés par certains responsables locaux. Il a annoncé la tenue prochaine d’une réunion sur la sécurité industrielle avec les dirigeants des institutions publiques pour améliorer la situation.
Des participants ont soulevé la question des chantiers de construction, où le système d’appels d’offres au plus bas prix affecterait la rémunération des ouvriers, décourageant les jeunes talents et limitant les dépenses en matière de sécurité. En réponse, le ministre a indiqué que le gouvernement travaillait sur un système d’évaluation de la pertinence des délais et des coûts des contrats de construction, avec une possibilité de rémunération séparée.
L’événement « Le matin de l’ouverture d’une nouvelle ère », organisé par Hankyoreh, est une série de rencontres mensuelles avec des figures politiques majeures de l’administration Lee Jae-myung et du Parti démocratique de Corée. La prochaine conférence, le 27 novembre, accueillera Yeo Han-gu, chef du siège des négociations commerciales au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie.
Journaliste Park Tae-woo ehot@hani.co.kr