Publié le 29 janvier 2026 19:45:00. Une météorite martienne, surnommée « Black Beauty », révèle une quantité d’eau insoupçonnée grâce à une nouvelle technique d’imagerie, ouvrant de nouvelles perspectives sur l’habitabilité passée de la planète rouge.
Des analyses récentes d’une météorite martienne, découverte en 2011 dans le Sahara marocain, ont révélé une teneur en eau bien plus importante que prévu. Cette roche, officiellement désignée NWA 7034, est estimée à au moins 4,4 à 4,5 milliards d’années, ce qui en fait la plus ancienne météorite provenant de Mars connue à ce jour.
Les scientifiques ont utilisé une technique de balayage neutronique, comparable à un scanner médical mais utilisant des neutrons plutôt que des rayons X. Cette méthode, extrêmement sensible à la présence d’hydrogène, a permis de cartographier la répartition de l’eau dans l’échantillon sans l’endommager, une avancée significative par rapport aux analyses antérieures qui nécessitaient de détruire des fragments de la roche.
Les résultats indiquent que l’eau représente environ 0,6 % de la masse de la météorite, soit une quantité équivalente à celle contenue dans un ongle humain pour un échantillon d’environ 300 grammes. Cette découverte est d’autant plus notable qu’elle dépasse les estimations précédentes.
« La répartition et le caractère des minéraux hydratés sont cruciaux pour comprendre l’habitabilité de Mars, son évolution climatique et géologique et les traces possibles de vie ancienne. C’est pourquoi l’identification des phases contenant de l’hydrogène dans la croûte martienne est extrêmement importante. »
Chercheurs (Université Cornell)
La majeure partie de l’eau est piégée dans de minuscules fragments d’oxyhydroxydes de fer, formés par la réaction du fer avec l’eau sous haute pression, un processus typique lors d’impacts de météorites. Ces minéraux présentent des similitudes avec ceux identifiés par le rover Perseverance dans le cratère Jezero, suggérant que des réservoirs d’eau similaires pourraient avoir été répandus près de la surface martienne à ses débuts.
Cette découverte s’inscrit dans un contexte plus large : Mars aurait été, il y a des milliards d’années, une planète riche en eau, avec des océans et des cours d’eau. Si une grande partie de cette eau a disparu, des traces subsistent encore sous forme de glace, notamment dans les régions montagneuses ou dans des réservoirs souterrains confirmés par des recherches récentes.
La météorite Black Beauty prend une importance particulière dans le domaine de la recherche martienne, notamment depuis l’annulation récente par la NASA de la mission visant à rapporter des échantillons de Mars sur Terre. Les météorites martiennes, arrivées naturellement sur notre planète, constituent désormais la seule possibilité d’étudier directement la composition des roches et de l’eau de la planète rouge. Les scientifiques espèrent que Black Beauty jouera un rôle clé dans la compréhension de la perte d’eau de Mars et de la possibilité qu’une vie y ait pu se développer.
Ressources: Université Cornell, Phys.org, Live Science, Universe Today