Publié le 23 octobre 2025 à 14h37. Les aventures d’Astérix et Obélix continuent de captiver le public avec la sortie du nouvel album « Astérix en Lusitanie ». La production bat son plein, avec une première édition allemande de 1,8 million d’exemplaires témoignant de l’engouement pour les irréductibles Gaulois.
- La maison d’édition Egmont-Ehapa-Verlag s’attend à une forte demande pour le nouvel album, particulièrement avant les fêtes de fin d’année.
- L’année précédente, malgré l’absence d’un nouvel Astérix, les ventes de bandes dessinées publiées par Egmont en Allemagne ont progressé.
- Au niveau mondial, la marque Astérix, gérée par Hachette, bénéficie d’une dynamique portée par les albums, le cinéma, les parcs à thème et désormais une série Netflix.
Dans une rotative de Mohn Media, filiale de Bertelsmann à Gütersloh, les feuilles s’enchaînent. Des images d’Astérix, Obélix et Idéfix, naviguant sur des flots tumultueux avant de fouler des pavés noirs et blancs, apparaissent sur des feuilles de papier de près d’un mètre carré. Chacune d’elles donnera naissance à quatre couvertures allemandes pour le dernier opus, « Astérix en Lusitanie », dont 1,8 million d’exemplaires sont prévus pour la première édition.
Wolf Stegmaier, à la tête de l’Egmont-Ehapa-Verlag de Berlin, qui publie la version allemande, observe un schéma de ventes récurrent : un pic initial dès la sortie de l’album, suivi d’une accélération avant Noël, période durant laquelle la majeure partie du tirage trouve preneur.
Le précédent album, « Le Papyrus de César », paru il y a deux ans, avait déjà été un succès majeur, contribuant à l’augmentation de 6% du chiffre d’affaires d’Egmont en Allemagne en 2023, atteignant ainsi plus de 60 millions d’euros. L’absence d’un nouvel Astérix en 2022 avait entraîné une baisse de 12% des ventes de la maison d’édition berlinoise. Avec la sortie de « Astérix en Lusitanie », Egmont anticipe un nouveau regain d’activité.
Chez Hachette, détenteur des droits d’Astérix, les attentes sont également élevées. Isabelle Magnac, directrice d’Hachette Illustré, souligne l’importance de cet album : « Ce sera notre plus gros article en termes de ventes cette année, et même sur les deux dernières années, car Astérix ne paraît que tous les deux ans. Au-delà des chiffres, nos équipes sont très attachées à ces personnages de BD mythiques. »
Les personnages d’Astérix, Obélix et Idéfix, dont Hachette détient les droits mondiaux, dépassent largement le cadre de la bande dessinée. Le premier film adapté des aventures gauloises est sorti en 1967.
Le succès de la marque se manifeste également par une série Netflix lancée au printemps, rencontrant un franc succès planétaire selon Hachette. L’année dernière, la France avait célébré le 65ème anniversaire d’Astérix à travers diverses manifestations. Par ailleurs, le « Parc Astérix », situé au nord de Paris, a récemment annoncé un investissement de 250 millions d’euros pour maintenir sa position de deuxième parc à thème français. L’ensemble de ces initiatives concourt à renforcer l’aura des personnages et à pérenniser leur mythe.
Depuis leur création en 1959 par René Goscinny et Albert Uderzo, les irréductibles Gaulois ont conquis le monde. 400 millions d’exemplaires de la bande dessinée culte ont été vendus à l’échelle planétaire, dont environ un tiers dans les pays germanophones.
Les ventes des anciens tomes continuent de prospérer. « Nous vendons encore environ 700 000 exemplaires de notre fonds chaque année. C’est impressionnant », confie M. Stegmaier. « On pourrait penser que tout le monde possède déjà un Astérix, voire tous les albums, mais il semble qu’il y ait encore une forte demande pour combler les collections. »
En Allemagne, l’édition souple du nouvel album « Astérix en Lusitanie » est proposée au prix de 7,99 euros. La version originale française, qui relate le voyage au Portugal, est disponible en reliure cartonnée uniquement dans l’Hexagone, pour un coût d’environ trois euros supplémentaire.