Publié le 2025-10-21 07:30:00. De nouvelles allégations explosives font surface concernant le prince Andrew et son lien avec Jeffrey Epstein, l’ancien financier texan condamné pour trafic sexuel. Ces révélations, détaillées dans un mémoire à paraître, interviennent alors que le prince a renoncé à ses titres royaux.
- Virginia Giuffre accuse le prince Andrew de l’avoir agressée sexuellement à plusieurs reprises, y compris lorsqu’elle était mineure.
- Ces nouvelles accusations coïncident avec la publication imminente du livre de Mme Giuffre, « Nobody’s Girl ».
- Le prince Andrew, déjà sous le feu des critiques, a renoncé à utiliser ses titres royaux, y compris celui de duc d’York.
Ces révélations ébranlent à nouveau la monarchie britannique. Mme Giuffre allègue avoir été contrainte d’avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew à trois reprises, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Elle affirme que le fils de la reine Elizabeth II considérait cela comme son « droit de naissance » et qu’elle craignait de « mourir en esclave sexuelle » au sein du cercle de Jeffrey Epstein. Ces nouvelles accusations sont qualifiées de « très préoccupantes et graves » par une source proche du dossier, qui appelle à une enquête approfondie.
La famille royale aurait estimé qu’une action était nécessaire face à l’ampleur des allégations. Le prince Andrew avait déjà fait un pas significatif en renonçant à ses titres et honneurs vendredi dernier, alors que la parution imminente de nouvelles accusations se profilait. Ce geste intervient après la publication d’e-mails suggérant qu’Andrew était resté en contact avec Epstein plus longtemps qu’il ne l’avait initialement admis. L’autobiographie de Mme Giuffre, qui contient 88 références à Andrew sur ses 400 pages, promet de relancer le scandale.
Le prince, aujourd’hui âgé de 65 ans, avait déjà versé une somme conséquente, estimée jusqu’à 12 millions de livres sterling (environ 14 millions d’euros), pour régler une affaire civile d’agression sexuelle, tout en continuant de nier avoir jamais rencontré Mme Giuffre. Suite à des discussions avec son frère aîné, le roi Charles III, Andrew a accepté de ne plus utiliser ses titres, dont celui de duc d’York. Cette décision vise à protéger la monarchie des années de publicité négative liées à ses affaires commerciales suspectes et à ses relations controversées.
Malgré cette renonciation, le prince Andrew conserve techniquement son titre de duc, un don de sa défunte mère, la reine Elizabeth II. En tant que fils de monarque, il reste prince. Le frère de Virginia Giuffre, Sky Roberts, a quant à lui appelé le roi à aller plus loin et à « supprimer également le titre de prince », estimant qu’Andrew « ne devrait pas pouvoir se qualifier comme tel ».
Andrew, qui a toujours nié les accusations de Mme Giuffre, avait démissionné de ses fonctions royales suite à une interview télévisée désastreuse en novembre 2019. De nombreux observateurs avaient alors perçu un prince manquant d’empathie envers les victimes d’Epstein et fournissant des explications peu convaincantes sur son amitié avec le pédocriminel décédé. En 2022, il avait conclu un accord amiable avec Mme Giuffre dans le cadre d’une action civile à New York.
Certains élus de l’opposition militent désormais pour que le titre de duc d’Andrew soit retiré officiellement par une loi du Parlement. Le député Stephen Flynn a notamment plaidé pour une telle mesure, affirmant que le gouvernement devrait légiférer pour priver Andrew et Peter Mandelson, un membre de la Chambre des Lords lui aussi lié à Epstein, de leurs titres. « La famille de Virginia Giuffre, dont la vie a été détruite, est en colère et consternée », a déclaré Flynn, ajoutant que le public partageait cette indignation.
Le gouvernement a indiqué soutenir la décision du palais concernant les titres d’Andrew, tout en soulignant que l’exécutif ne devait pas agir unilatéralement, dans le respect de la séparation entre la monarchie et la politique au Royaume-Uni. « Nos pensées doivent aller aux victimes de Jeffrey Epstein », a déclaré la secrétaire à l’Éducation, Bridget Phillipson, tout en précisant qu’il s’agissait de questions relevant de la famille royale.
Par ailleurs, des questions se posent sur le logement du prince Andrew. Certains souhaitent qu’il quitte le Royal Lodge, une demeure de 30 pièces près du château de Windsor qu’il occupe avec son ex-femme Sarah Ferguson. Le financement de cette résidence, louée par Andrew auprès du Crown Estate, est également source de questionnements.
Le palais de Buckingham se prépare à d’éventuelles nouvelles révélations embarrassantes, alors même que le roi Charles III s’apprête à effectuer une visite d’État au Vatican. Le livre « Nobody’s Girl » de Mme Giuffre, dont des extraits ont été publiés, détaille notamment des propos du prince Andrew affirmant que « avoir des relations sexuelles avec moi était son droit de naissance ». L’ouvrage mentionne également des tentatives présumées de l’équipe d’Andrew pour discréditer Mme Giuffre, ainsi qu’une clause de silence d’un an incluse dans le règlement du procès, censée préserver l’image de la défunte reine lors de son jubilé de platine en 2022.
Pendant ce temps, la police métropolitaine de Londres enquête sur des informations médiatiques suggérant qu’Andrew aurait, en 2011, cherché à nuire à la réputation de Mme Giuffre en demandant à un de ses gardes du corps de vérifier si elle possédait un casier judiciaire.