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Le Japon a sa première femme Premier ministre

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Mis à jour le mardi 21 octobre à 08h20. Sanae Takaichi a été nommée Première ministre du Japon, marquant une étape historique en tant que première femme à diriger le gouvernement du pays. Cette élue conservatrice succède à Shigeru Ishiba, dont le mandat a été écourté par un résultat électoral décevant.

  • Sanae Takaichi, 64 ans, a été élue par l’Assemblée nationale japonaise avec 237 voix sur 465.
  • Elle est la première femme à accéder à la plus haute fonction gouvernementale au Japon.
  • Ses positions conservatrices et nationalistes pourraient influencer les relations du Japon avec ses voisins.

L’élection de Sanae Takaichi, membre du Parti libéral-démocrate (PLD), s’est déroulée au sein de l’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement japonais. La chambre haute, moins influente, a ensuite entériné ce choix, bien que cela ait nécessité deux tours de scrutin. Suite à sa nomination, la nouvelle Première ministre s’est inclinée à plusieurs reprises devant l’Assemblée, marquant la solennité de l’instant. Elle doit prêter serment officiellement devant l’empereur Naruhito dans la journée.

Sanae Takaichi est décrite comme une nationaliste conservatrice, avec des opinions marquées, notamment concernant la Chine. Elle a cité Margaret Thatcher comme une source d’inspiration politique et prône une politique de dépenses publiques ambitieuse pour stimuler l’économie, tout en critiquant les hausses de taux d’intérêt. Ses positions peuvent potentiellement tendre les relations diplomatiques du Japon avec des pays voisins tels que la Chine et la Corée du Sud. Le Japon, quatrième économie mondiale, affiche une dette publique très importante, et certains observateurs s’inquiètent de l’impact de politiques économiques jugées agressives sur la confiance des investisseurs, face aux risques d’endettement et d’inflation.

Elle succède à Shigeru Ishiba, qui avait pris ses fonctions l’automne dernier. M. Ishiba avait annoncé sa démission plus tôt dans le mois, suite à des résultats électoraux décevants à l’automne. Son impopularité était en partie liée à une forte augmentation du coût de la vie dans le pays. Avant son départ, il avait conclu un accord commercial avec les États-Unis, réduisant les droits de douane sur certains produits japonais. Ces tarifs, précédemment introduits par Donald Trump, avaient impacté l’industrie automobile japonaise et pesé sur une croissance économique déjà faible.

La nomination de Sanae Takaichi semble avoir été bien accueillie par les marchés financiers. L’indice Nikkei de la bourse de Tokyo s’est approché des 50 000 points, un niveau proche de ses records historiques, après une hausse de plus de 9 % au cours du mois précédent. Le PLD, parti de la nouvelle Première ministre, dirige le Japon sans interruption depuis 1955, à l’exception de deux brèves périodes de trois ans.

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