Home Accueil Le pape Léon exhorte les évêques américains à parler de la répression de l’immigration par Trump après avoir reçu les lettres des migrants

Le pape Léon exhorte les évêques américains à parler de la répression de l’immigration par Trump après avoir reçu les lettres des migrants

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Le pape François, sensible à la détresse des migrants, a reçu ce mercredi à Rome l’évêque américain de la frontière, Mark Seitz. Ce dernier lui a remis des témoignages déchirants de familles immigrées, « terrorisées » par la politique migratoire de l’administration Trump, de plus en plus intransigeante.

L’évêque d’El Paso, Texas, s’est fait le porte-parole d’une population en proie à la peur. Il a présenté au Saint-Père une vidéo poignante sur le sort des migrants et un dossier de lettres adressées par des immigrés vivant dans l’angoisse d’être arrêtés et expulsés. Face à ces récits, le pape François aurait promis son soutien, affirmant qu’il se tiendrait aux côtés de ces personnes vulnérables et des responsables catholiques qui œuvrent pour leur venir en aide.

« Il a eu quelques mots pour nous, nous remerciant pour notre engagement envers les peuples immigrés et disant également qu’il espère que la conférence des évêques s’exprimera sur cette question », a confié Mgr Seitz, qui préside le comité sur les migrations de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis. Le pape, né à Chicago et citoyen péruvien, s’est déjà exprimé sur les injustices, soulignant les contradictions de certains discours sur l’avortement, la peine de mort et l’immigration. « Quelqu’un qui dit ‘je suis contre l’avortement mais qui dit que je suis en faveur de la peine de mort’ n’est pas vraiment pro-vie », avait-il déclaré précédemment. « Quelqu’un qui dit : ‘Je suis contre l’avortement, mais je suis d’accord avec le traitement inhumain des immigrés aux États-Unis’, je ne sais pas si c’est pro-vie. »

Les dirigeants catholiques américains dénoncent depuis longtemps la politique migratoire de l’administration Trump, qui entraîne des séparations familiales, génère un climat de peur et perturbe la vie des communautés de migrants accueillies par les églises et les écoles. L’administration, quant à elle, défend ces mesures comme nécessaires à la sécurité publique et nationale.

Une peur qui paralyse

Mgr Seitz a souligné la gravité de la situation : « Ils sont terrorisés. Et c’est une peur qui a un impact à long terme sur les gens, sur leur vie ». Les témoignages qu’il a portés à la connaissance du pape décrivent une peur omniprésente, touchant même les migrants en situation régulière. Des citoyens américains, des résidents légaux et des enfants figurent parmi les personnes arrêtées lors d’interventions de plus en plus audacieuses et agressives des agents fédéraux. À Chicago, la ville natale du pape, des complexes d’appartements ont été pris d’assaut, des produits chimiques déployés près d’une école publique et des employés municipaux menottés dans un hôpital.

« Ils ne peuvent pas sortir. Ils ont peur de faire du shopping, d’aller à l’église et donc ils restent à la maison », écrit Maria, une Guatemaltèque vivant à San Francisco depuis vingt-cinq ans et bénéficiant de l’asile, mais dont des proches sont en situation irrégulière aux États-Unis. Dans sa lettre remise au pape, elle implore : « Le pape doit parler à Trump et lui demander de réfléchir à ce qu’il fait aux immigrants. Le pape doit plaider auprès de Trump et Trump doit l’écouter. Trump doit changer ce qu’il fait. »

Avant de devenir pape, le pape François avait déjà fermement condamné les projets d’expulsions massives de l’administration Trump, rappelant que l’expulsion forcée prive les individus de leur dignité intrinsèque. Le premier pape américain de l’histoire s’inscrit dans cette lignée. Il y a peu, il avait célébré une messe spéciale pour les migrants, dénonçant « la froideur de l’indifférence » et « la stigmatisation de la discrimination » subies par ceux qui fuient la violence et la souffrance.

Avant d’accéder au pontificat, alors qu’il était cardinal Robert Prévost, le pape François avait régulièrement partagé sur les réseaux sociaux des critiques envers les politiques d’immigration de l’administration Trump.

Un soutien réaffirmé

La rencontre, qui a vu Mgr Seitz et une délégation d’une douzaine de personnes, dont des membres du Hope Border Institute, être accueillis au Vatican, a été marquée par une chaleur humaine et un soutien mutuel. Malgré un léger retard, le pape a assuré à la délégation qu’il se tiendrait à leurs côtés dans leurs efforts. « Plus tard, au cours de la réunion, il a dit : ‘Je serai à vos côtés’, ce fut donc un petit échange magnifique », a relaté Mgr Seitz.

Des rumeurs circulent au Vatican quant à un possible voyage du pape François aux États-Unis dès l’année prochaine, à l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine, un événement auquel le président Trump l’a invité. En 2016, le pape François avait célébré une messe à la frontière américano-mexicaine, du côté mexicain à Ciudad Juarez, avec une retransmission en direct de la liturgie dans un stade d’El Paso, de l’autre côté de la frontière.

Interrogé sur une éventuelle visite du pape du côté américain de la frontière, Mgr Seitz s’est montré évasif, tout en affirmant : « Eh bien, vous savez qu’il serait le bienvenu. »

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