Publié le 2025-10-17 12:03:00. Le Saint-Siège a officiellement annoncé ce vendredi la nomination de Josef Grünwidl comme nouvel archevêque de Vienne, succédant au cardinal Christoph Schönborn. L’ecclésiastique de 62 ans, qui assurait l’intérim depuis neuf mois, prendra officiellement ses fonctions après son ordination épiscopale prévue en janvier 2026.
- Josef Grünwidl, administrateur apostolique de l’archidiocèse de Vienne depuis janvier dernier, a été nommé archevêque de la capitale autrichienne par le pape Léon XIV.
- L’annonce, confirmée par le Vatican et l’archidiocèse, met fin à une période de vacance à la tête de l’un des diocèses les plus importants d’Autriche.
- Son ordination épiscopale et son intronisation sont prévues le 24 janvier 2026.
Après neuf mois à la tête de l’archidiocèse de Vienne en tant qu’administrateur apostolique, le père Josef Grünwidl voit aujourd’hui son rôle confirmé par le pape Léon XIV. La nomination de cet ancien vicaire épiscopal, âgé de 62 ans, met un terme à la recherche d’un successeur au cardinal Christoph Schönborn, qui avait quitté ses fonctions en janvier à l’âge de 80 ans.
Dans une déclaration rendue publique, le nouvel archevêque désigné a exprimé son émotion et sa confiance : « J’ai dit ‘oui’ à cette tâche de tout mon cœur, après quelques hésitations », a-t-il confié. « Dieu n’a pas besoin que je sois parfait, mais il veut que je sois disponible. » Il a souligné son espoir de pouvoir être utile aux personnes rencontrées dans leur chemin de vie. Josef Grünwidl a également partagé ses sentiments dans un message vidéo.
L’archidiocèse de Vienne a mis en place un livre d’or numérique pour recueillir les messages de félicitations destinés à son futur archevêque, accessible sur www.erzdioezese-wien.at/gratulieren.
Un parcours pastoral et administratif
Originaire de Hollabrunn, dans l’archidiocèse même qu’il s’apprête à diriger, Josef Grünwidl a étudié la théologie et l’orgue à Vienne. Ordonné prêtre en 1988 par le cardinal Franz König, il a ensuite servi comme secrétaire du cardinal Christoph Schönborn de 1995 à 1998, avant d’être nommé son vicaire épiscopal en 2023. C’est le jour même du départ à la retraite de son prédécesseur qu’il a pris les rênes de l’archidiocèse, une fonction qui l’a peu à peu fait connaître au-delà des cercles ecclésiastiques locaux.
Considéré comme un pasteur expérimenté, Josef Grünwidl aborde cette nouvelle mission avec un regard orienté vers le renouveau spirituel. Bien que son expérience de l’Église universelle soit moins étendue que celle de son prédécesseur, il est perçu comme un homme profondément ancré dans la foi, prônant une pastorale axée sur la proximité avec Dieu et les hommes. L’archidiocèse de Vienne, qui compte environ un million de catholiques, est le diocèse le plus important d’Autriche. Historiquement, la fonction d’archevêque de Vienne était souvent synonyme de cardinalat, une tradition que le pape François a souhaité rompre.
Josef Grünwidl, en déplacement dans l’archidiocèse de Vienne.
Une nomination épiscopale en janvier 2026
La décision du pape Léon XIV, prise il y a quelques jours, a été communiquée mercredi à Josef Grünwidl par le nonce apostolique en Autriche, Mgr Pedro López Quintana. Une indiscrétion politique aurait précipité l’annonce médiatique de cette nomination.
Avant de pouvoir pleinement assumer ses fonctions, Josef Grünwidl devra être ordonné évêque. Cette cérémonie est prévue pour le 24 janvier 2026, date qui coïncidera également avec son inauguration officielle. D’ici là, il continuera d’administrer l’archidiocèse. L’ordination épiscopale sera présidée par le cardinal Christoph Schönborn.
Une approche modérément réformatrice
Josef Grünwidl s’est positionné comme un défenseur de réformes modérées au sein de l’Église. Il a soutenu l’Initiative des pasteurs autrichiens, un mouvement prônant des changements significatifs suite au scandale Hans-Hermann Groer. Parmi ses positions, il s’est montré favorable au diaconat des femmes et à un assouplissement de la loi du célibat sacerdotal.
Pour le futur archevêque, l’avenir de l’Église réside dans un renouveau spirituel profond, privilégiant la « mystique » à la bureaucratie. Il appelle à une pastorale inclusive, où les personnes aux « styles de vie déviants » ou celles qui doutent de leur foi soient accueillies avec « un cœur aimant ». Il souhaite dépasser un « christianisme culturel » superficiel pour promouvoir une relation personnelle avec le Christ, nourrie par la prière, la lecture des Écritures et l’Eucharistie.
« Le fait que la nomination d’un nouvel évêque ait pris si longtemps a aussi un peu à voir avec moi. Après quelques hésitations, j’ai maintenant dit ‘oui’ à cette tâche de tout mon cœur. J’ai été aidé par une intuition qui a mûri et s’est renforcée en moi au cours des derniers mois : Dieu n’a pas besoin que je sois parfait, mais il veut que je sois disponible. Ayant confiance en tant de personnes qui me soutiennent dans la prière et en ayant confiance en l’aide de Dieu, qui me soutiendra, me guidera et me fortifiera, je serais heureux pour assumer cette tâche. J’ai hâte d’y être et de rencontrer de nombreuses personnes – qui nous appartiennent déjà dans l’Église ou qui cherchent – à qui je pourrai peut-être être utile sur leur chemin de vie. »
Josef Grünwidl, nouvel archevêque désigné de Vienne
Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque émérite, et son successeur, Josef Grünwidl.
« Pour moi, aujourd’hui est une journée profondément émouvante et joyeuse. Quoi de mieux pour moi que de savoir que notre archidiocèse est entre de bonnes mains ! Je suis particulièrement ému par la joie palpable dans tout le diocèse suite à sa nomination. Dans les églises orientales, lors d’une consécration, les fidèles crient : « Axios ! Il en est digne. » Il me semble que cela fait des semaines et des mois que l’on dit cela dans l’Église à propos de Josef Grünwidl. C’est bien que le Pape Léon ait maintenant confirmé cela. »
Cardinal Christoph Schönborn, archevêque émérite de Vienne
La Conférence épiscopale salue la nomination
La joie était unanime parmi les évêques autrichiens suite à la nomination de Josef Grünwidl. Mgr Franz Lackner, président de la Conférence épiscopale, a salué un « vrai berger », « un pasteur qui travaille avec un cœur large et un esprit alerte, et qui permet la proximité de Dieu ainsi que des hommes ». Il a également exprimé son attente fervente de la future consécration de Grünwidl, appelant les fidèles à prier pour le nouvel archevêque.
« Pasteur qui travaille avec un cœur large et un esprit alerte, et qui permet la proximité de Dieu ainsi que des personnes. »
Mgr Franz Lackner, président de la Conférence épiscopale autrichienne
Des échos similaires proviennent des autres évêques autrichiens. Mgr Wilhelm Krautwaschl, évêque de Graz, a remercié Josef Grünwidl d’avoir accepté cette mission, soulignant sa parfaite adéquation au poste grâce à sa riche expérience pastorale et administrative. Mgr Hermann Gletter, évêque d’Innsbruck, a qualifié la décision papale de « solide », décrivant Grünwidl comme un « bâtisseur de ponts engagé » au style de communication clair et direct.
Mgr Joseph Marketz, évêque de Carinthie, a insisté sur la connaissance approfondie qu’a Grünwidl des défis de l’Église de Vienne et sur son sens des préoccupations sociales et pastorales. Pour Mgr Benno Elbs, évêque du Vorarlberg, Grünwidl est une « personne très sensible, attentive et profondément spirituelle », un évêque « proche des gens ». Mgr Johannes Freitag, évêque auxiliaire de Graz, a quant à lui loué sa nature « ancrée et conviviale », son humour et son calme, ainsi que sa capacité à penser l’Église de manière large et profonde.
Enfin, Mgr Ivo Muser, évêque du Tyrol du Sud, a résumé le sentiment général en affirmant que Josef Grünwidl est un « pasteur avec passion, cœur, esprit et expérience – et ancré dans une relation personnelle avec le Christ ». « Ce sont de bonnes conditions pour le service exigeant qu’il ne recherchait pas, mais pour lequel beaucoup lui font confiance. »
« De bonnes conditions pour le service exigeant qu’il ne recherchait pas, mais pour lequel beaucoup lui font confiance. De nombreuses personnes se réjouissent de sa nomination, bien au-delà de Vienne. »
Mgr Ivo Muser, évêque du Tyrol du Sud
Une particularité autrichienne : le rôle du gouvernement
La nomination des évêques en Autriche obéit à une règle spécifique : le Concordat entre le Saint-Siège et l’Autriche prévoit une « clause politique ». En vertu de celle-ci, le Saint-Siège informe le gouvernement fédéral autrichien du nom du candidat avant la nomination. Le gouvernement dispose alors de la possibilité de s’opposer à la nomination pour des « raisons de nature politique générale ». Si une telle objection est formulée, les deux parties doivent parvenir à un accord. À défaut, le pape conserve sa liberté de choix. Si le gouvernement ne formule aucune objection, le Vatican procède alors à l’annonce officielle.