Publié le 2024-09-20. Uber et Bolt lancent de nouveaux services de safari au Kenya, suscitant des inquiétudes chez les opérateurs touristiques locaux face à une potentielle guerre des prix dans un secteur vital pour l’économie du pays.
- Uber a lancé son service « Uber Safari » à Nairobi le 15 septembre, tandis que Bolt prévoit de faire de même d’ici la fin de l’année.
- Ces initiatives font craindre aux voyagistes traditionnels une baisse des tarifs, qui pourrait perturber un secteur représentant 10% du PIB kényan.
- Les plateformes de VTC affirment vouloir compléter l’écosystème existant et créer de nouvelles opportunités de revenus pour les acteurs locaux.
L’arrivée des géants de la mobilité Uber et Bolt sur le marché très rentable des safaris au Kenya suscite une vive préoccupation. Ces nouveaux services, récemment lancés ou annoncés, risquent de bouleverser les équilibres établis et de déclencher une bataille des prix qui pourrait nuire aux professionnels du tourisme déjà en place.
Uber a ouvert la voie le 15 septembre avec le lancement de son offre « Uber Safari » dans la capitale, Nairobi. Sa rivale, Bolt, a annoncé son intention de suivre le mouvement avant la fin de l’année. Cette incursion sur un segment jusqu’alors dominé par des acteurs spécialisés, fait craindre une dévaluation des services de safari. Le secteur du tourisme est un pilier de l’économie kényane, pesant 10% du produit intérieur brut (PIB) et employant plus d’un million de personnes, dont une part importante dans l’industrie du safari.
« Nous avons déjà vu cela se produire : les prix commencent haut avant de chuter », a alerté Felix Migoya, responsable pour l’Afrique de l’Est au sein de l’Association des chauffeurs d’Afrique de l’Est. « Un safari n’est pas un simple trajet en taxi ; c’est une expérience qui requiert une éthique de guidage et une expertise en matière de conservation. »
Felix Migoya, responsable pour l’Afrique de l’Est, Association des chauffeurs d’Afrique de l’Est
Face à ces inquiétudes, Imran Manji, directeur général de Bolt pour l’Afrique de l’Est, a tenu à rassurer. Il a déclaré que le nouveau service de sa société « est conçu pour compléter l’écosystème existant plutôt que pour le remplacer ». Selon lui, cette initiative pourrait « débloquer de nouvelles opportunités de revenus pour les chauffeurs, les guides et les partenaires de flotte locaux ».