Publié le 11 février 2026 13h19. Le Parlement européen a donné son feu vert à un plan de soutien financier massif à l’Ukraine, comprenant un prêt de 90 milliards d’euros pour les années 2026 et 2027, destiné à renforcer sa stabilité économique et sa capacité de défense face à l’agression russe.
- Un prêt de 90 milliards d’euros (environ 1 500 milliards de francs suisses) a été approuvé pour l’Ukraine, couvrant les années 2026 et 2027.
- Des modifications apportées au mécanisme de l’UE pour l’Ukraine et au cadre financier pluriannuel permettront de garantir ce prêt et de couvrir les coûts associés.
- L’Union européenne se réserve la possibilité d’utiliser les avoirs russes gelés pour rembourser ce prêt, dans le respect du droit international.
L’approbation de ce vaste ensemble de mesures financières intervient dans un contexte de besoins croissants de l’Ukraine, exacerbés par l’intensification de l’agression russe. Les financements supplémentaires devraient dépasser les prévisions initiales du Fonds monétaire international (FMI), soulignant la nécessité d’un soutien international accru.
Le prêt de 90 milliards d’euros sera financé par des emprunts de la Commission européenne sur les marchés des capitaux. Son remboursement sera conditionné à la réception par l’Ukraine de réparations de la part de la Russie, ou à la découverte de fraudes ou de corruption. Les fonds pourront être alloués à des programmes d’assistance macrofinancière, ainsi qu’au renforcement de l’industrie de défense ukrainienne.
En matière de défense, des investissements importants sont prévus pour moderniser la base industrielle et technologique ukrainienne, et favoriser une intégration plus étroite avec l’industrie européenne du secteur. Des exigences strictes seront imposées aux fabricants et sous-traitants, notamment en ce qui concerne leur implantation (Union européenne, Espace économique européen ou Ukraine) et la protection des informations sensibles.
L’Ukraine devra ouvrir un compte spécial pour gérer les fonds dédiés à la défense et fournir des rapports mensuels sur leur utilisation. La Commission européenne exercera un contrôle rigoureux, et le Parlement européen et le Conseil seront régulièrement informés des progrès de la mise en œuvre.
Les coûts de service de la dette seront couverts par le budget de l’UE grâce à un instrument spécifique, distinct des plafonds du cadre financier pluriannuel. L’utilisation des avoirs russes gelés, conformément au droit européen et international, constitue une option envisagée pour le remboursement du prêt.
Ce plan s’inscrit dans une coopération renforcée impliquant 25 États membres, visant à fournir à Kiev un soutien financier prévisible, continu et flexible. Il est également lié à la demande d’un nouveau programme du FMI pour la période 2026-2029, dont la mise en œuvre dépend de garanties de financement suffisantes de la part des partenaires internationaux.
Le Conseil européen avait déjà convenu, le 18 décembre 2025, d’accorder ce prêt de 90 milliards d’euros, en veillant à ce que la mobilisation des ressources budgétaires n’affecte pas les obligations financières de certains États membres, comme la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie.
Les votes au Parlement européen ont été les suivants : 458 voix pour, 140 contre et 44 abstentions pour le prêt ; 473 voix pour, 140 contre et 32 abstentions pour les modifications du mécanisme pour l’Ukraine ; et 490 voix pour, 130 contre et 32 abstentions pour la modification du cadre financier pluriannuel. La Commission européenne espère que les actes juridiques seront adoptés rapidement afin que les premiers décaissements puissent commencer au deuxième trimestre 2026, voire dès avril après le lancement des emprunts sur les marchés financiers.
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