Publié le 25 février 2026 à 21:30. La procureure européenne bulgare Teodora Georgieva est accusée de manquement grave à ses fonctions et fait l’objet d’une enquête disciplinaire qui pourrait mener à son renvoi. L’affaire soulève des questions sur l’indépendance de la justice en Bulgarie et la coopération avec le Parquet européen.
- Teodora Georgieva a été suspendue de ses fonctions en mars 2025, suite à l’ouverture d’une enquête disciplinaire.
- Le Collège du Parquet européen a conclu à un manquement grave à ses devoirs.
- Une décision concernant la sanction appropriée a été ajournée, le renvoi de Georgieva restant une possibilité.
Le Parquet européen a informé le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne de la situation. Conformément à la réglementation de l’OEPP (Office européen des poursuites pénales), seule la Cour de justice de l’Union européenne peut prononcer la révocation d’un procureur européen pour faute grave, à la demande de l’une de ces trois institutions.
L’enquête disciplinaire avait été ouverte après la diffusion de vidéos montrant Teodora Georgieva en conversation avec Petar Petrov, un ancien enquêteur recherché, dans un restaurant de Sofia. Ces images, accompagnées de lettres signées par Petrov, ont été envoyées aux médias.
Selon ses déclarations, Teodora Georgieva aurait été menacée de divulgation de documents compromettants si elle portait des accusations contre un ancien ministre de l’Énergie. Elle a également évoqué des pressions liées au député Delyan Peevski et a signalé l’incendie inexpliqué de la maison familiale où sa mère est décédée. Suite à cet incident, elle a été placée sous surveillance à la demande de la procureure européenne Laura Köveshi.
Teodora Georgieva a été nommée première procureure européenne de Bulgarie en 2020, après un concours organisé par le Conseil de l’UE. Avant cela, elle a exercé en tant que juge au tribunal administratif de Sofia et procureur dans les districts de Sofia et de la ville de Sofia.
Cette affaire intervient dans un contexte de préoccupations concernant l’indépendance de la justice en Bulgarie et la coopération des autorités nationales avec le Parquet européen, comme l’avait souligné Georgieva elle-même en février 2025, dénonçant des entraves à ses enquêtes et des pressions sur les témoins. Elle avait alors affirmé que certains témoins étaient dissuadés de coopérer avec le Parquet européen et que le ministère de l’Intérieur avait refusé d’exécuter un mandat de perquisition.