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Le Parti conservateur du premier ministre gagne

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Publié le 8 février 2026 à 19h20. Le parti conservateur Bhumjaithai (BJT), mené par le Premier ministre Anutin Charnvirakul, a créé la surprise en remportant les élections législatives thaïlandaises, devançant largement le mouvement réformateur Parti Populaire (PP) et ouvrant la voie à une nouvelle ère politique dans le pays.

  • Le BJT a obtenu 196 sièges sur les 500 à pourvoir, suivi du PP avec 109 sièges et du parti populiste Phue Thaï avec 80 sièges.
  • Les électeurs thaïlandais ont également approuvé à 59,42 % la rédaction d’une nouvelle Constitution remplaçant celle promulguée en 2017 par la junte militaire.
  • La victoire du BJT, inattendue compte tenu des sondages préélectoraux, s’explique en partie par sa position sur le conflit frontalier avec le Cambodge.

Les résultats de ce dimanche marquent un tournant inattendu dans la politique thaïlandaise. Le Bhumjaithai (BJT), ou « Fierté Thaïlandaise », qui n’avait pas remporté d’élections au cours du siècle actuel et était arrivé en deuxième position dans les intentions de vote, s’impose comme la force dominante au Parlement. Cette victoire semble récompenser la gestion du Premier ministre Anutin Charnvirakul au cours des derniers mois, une gestion rendue possible grâce au soutien initial du Parti Populaire (PP).

Anutin Charnvirakul a accédé au poste de Premier ministre en septembre dernier, à condition d’organiser des élections anticipées, suite à la destitution controversée de son prédécesseur, Paetongtarn Shinawtra, par la Cour constitutionnelle conservatrice pour des critiques à l’égard de l’armée thaïlandaise.

« La victoire n’appartient pas uniquement aux membres de la formation. Nous acceptons humblement la décision du peuple de nous confier cette responsabilité », a déclaré Charnvirakul après l’annonce des résultats.

La législation électorale prévoit que les résultats officiels et définitifs seront publiés dans les 60 jours, et que la nouvelle Chambre tiendra sa séance inaugurale 15 jours plus tard, avec l’élection du nouveau Premier ministre parmi ses premières tâches.

Parallèlement aux élections législatives, les Thaïlandais ont voté en faveur de la rédaction d’une nouvelle Constitution pour remplacer celle de 2017, héritage de la junte militaire au pouvoir entre 2014 et 2019. 59,42 % des votants se sont prononcés en faveur de ce changement constitutionnel, contre 31,69 % d’opposants et 8,87 % d’indécis, ce qui ouvre la voie à un processus constituant.

Une victoire surprise

Ce résultat est considéré comme une surprise, compte tenu des performances du parti lors des dernières élections de 2023, où il n’avait remporté qu’environ 70 sièges, et des sondages préélectoraux qui le plaçaient derrière le Parti Populaire (PP) en termes d’intentions de vote.

Le Premier ministre sortant, Anutin Charnvirakul, connu pour ses convictions monarchistes, s’est positionné comme un médiateur clé dans le conflit militaire à la frontière avec le Cambodge. Cette médiation a renforcé son image, notamment auprès des électeurs urbains, face à Natthaphon « Teng » Ruengpanyawut, l’ingénieur informaticien de 38 ans, leader du Parti Populaire (PP) et fervent défenseur de la réforme constitutionnelle et de la démilitarisation, qui a mené une campagne axée sur le numérique.

Le conflit territorial avec le Cambodge, dont les racines remontent à l’époque coloniale, a dégénéré en affrontements armés en 2025, causant des dizaines de morts et plus d’un million de déplacés des deux côtés de la frontière. Dans le nord-est de la Thaïlande, une région pauvre particulièrement touchée par ce conflit, les promesses nationalistes du BJT ont trouvé un écho favorable.

Le BJT a réussi à se transformer lors de ces élections, passant d’une formation à l’influence limitée aux régions agricoles du nord du pays à un acteur majeur de la politique nationale, attirant dans ses rangs des clans politiques de premier plan. Les conservateurs ont mis l’accent dans leur discours et leur campagne sur des messages nationalistes et patriotiques, dans un contexte de tensions frontalières avec le Cambodge.

Le Parlement aura le dernier mot

Malgré la victoire du BJT, le parti n’a pas obtenu la majorité absolue (251 sièges) au Parlement. La formation du gouvernement dépendra donc des nouvelles alliances qui se formeront. Le parti populiste Phue Thaï, dont le soutien sera crucial pour atteindre une majorité parlementaire, a déjà déclaré qu’il espère que le parti ayant obtenu le plus de voix sera chargé de former le gouvernement. « Nous respectons la décision du peuple », a souligné son leader, Amornvivat de Julapun.

Le Parti Populaire (PP) conserve cependant des options pour former des accords avec certains des dizaines de petits partis représentés au Parlement. Natthaphon Ruengpanyawut a reconnu qu’il n’avait pas obtenu le plus grand nombre de voix, mais a salué le système parlementaire et « la décision du peuple ».






Natthaphong Ruengpanyawut, leader du Parti Populaire et candidat au poste de Premier ministre, et des membres clés du parti lors d’une conférence de presse EFE/EPA/RUNGRIT

Les trois principales formations politiques sont suivies par le Parti Kla Tham (58 sièges) et le Parti Démocrate (20 sièges).

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