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Le parti d’extrême droite AfD pourrait remporter le premier poste de maire d’une ville allemande au second tour | Actualités électorales

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Francfort-sur-l’Oder pourrait écrire une nouvelle page de l’histoire politique allemande. Ce dimanche, les électeurs de cette ville de l’est du pays, en pleine crise d’identité, sont appelés aux urnes pour le second tour des élections municipales. L’enjeu est de taille : élire pour la première fois un maire issu de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite et principal opposant au Bundestag.

La bataille s’annonce serrée entre le candidat indépendant Axel Strasser et Wilko Möller, soutenu par l’AfD. Au terme d’un premier tour déjà révélateur, le 21 septembre, Strasser avait recueilli 32,4 % des suffrages, devançant de peu Möller, crédité de 30,2 %. Les candidats des partis traditionnels, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD), ont été éliminés dès ce premier round, témoignant d’une profonde défiance envers les formations établies.

Cette élection intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’AfD. À peine trois jours avant le scrutin, le Bundestag a levé l’immunité parlementaire de deux de ses députés, l’un faisant face à des accusations de diffamation, l’autre soupçonné d’avoir effectué un salut nazi, geste illégal en Allemagne. Ces affaires jettent une ombre sur la formation, déjà classée comme « extrémiste d’extrême droite confirmé » par les services de renseignement intérieurs du Brandebourg, une qualification que le parti conteste vigoureusement.

Pour le politologue Jan Philipp Thomeczek, de l’Université de Potsdam, une victoire de Wilko Möller enverrait « un signal très fort ». Il souligne que cela confirmerait la capacité de l’AfD, connu pour ses positions anti-immigration et eurosceptiques, à conquérir des territoires urbains, traditionnellement moins réceptifs à ses idées.

Francfort-sur-l’Oder, située dans le Land de Brandebourg, à la frontière polonaise, se distingue de son homonyme, le centre financier Frankfurter-sur-le-Main, bien plus important. Actuellement, aucune ville d’envergure en Allemagne ne compte de maire issu de l’AfD, selon l’Association allemande des villes et communes. Des maires AfD existent dans des communes plus petites, notamment en Saxe-Anhalt, et des figures comme Tim Lochner à Pirna (techniquement indépendant mais soutenu par l’AfD) ou Robert Sesselmann à Sonneberg (en Thuringe) occupent des fonctions de maire ou d’administrateur de district. Ces expériences locales, parfois controversées, alimentent le débat national.

Le classement de la branche brandebourgeoise de l’AfD comme groupe extrémiste par les services de renseignement intérieurs a suscité des réactions internationales. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, l’avait vivement critiqué, parlant de « tyrannie déguisée ». Berlin avait alors répliqué, rappelant son histoire et son devoir de « stopper l’extrémisme de droite ». Le Kremlin, de son côté, avait également condamné cette mesure, y voyant une tendance plus large à la restriction des mouvements politiques en Europe.

Les autorités du Brandebourg justifient cette surveillance par un « mépris » de l’AfD envers les institutions gouvernementales et par la promotion par le parti de la « discrimination et de l’exclusion » envers ceux qui ne correspondent pas au « courant dominant allemand », selon Wilfried Peters, chef du renseignement intérieur du Land. Les résultats de ce scrutin décisif sont attendus ce dimanche soir, après la fermeture des bureaux de vote à 18h00.

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