Publié le 6 février 2024 à 11h15. L’argent, longtemps considéré comme le métal précieux secondaire, s’impose désormais comme un acteur majeur des marchés financiers mondiaux, porté par une demande croissante et une offre limitée. Le Mexique, en particulier, tire son épingle du jeu en devenant le premier producteur mondial.
- L’argent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars l’once le 23 janvier 2024, signalant un changement de paradigme sur les marchés.
- Le Mexique domine la production mondiale d’argent, avec une estimation de 6 300 tonnes pour 2024.
- La Chine et le Pérou complètent le podium des principaux producteurs, représentant plus de la moitié de la production mondiale.
L’argent, traditionnellement perçu comme le « petit frère » de l’or, connaît un essor inédit. Le 23 janvier dernier, le métal précieux a dépassé pour la première fois la barre des 100 dollars l’once (environ 92 euros), une étape qui témoigne d’une mutation profonde du paysage financier international. Cette flambée est alimentée par un intérêt croissant des investisseurs et un déficit d’offre persistant depuis plus de cinq ans.
Au cœur de cette dynamique, un pays d’Amérique latine s’est distingué en franchissant un cap décisif pour consolider sa position de leader mondial dans la production d’argent, battant des records historiques. Ce succès illustre non seulement la valeur grandissante du métal, mais aussi la compétitivité et le rôle essentiel de ce pays dans l’économie mondiale des métaux précieux.
Quel pays d’Amérique latine est le premier producteur mondial d’argent ?
Avec une production estimée à 6 300 tonnes pour 2024, le Mexique s’est imposé comme le plus grand producteur mondial d’argent. Cette position de premier plan ne s’explique pas par la richesse de ses réserves – qui représentent environ 6 % des réserves mondiales connues – mais plutôt par la qualité de son infrastructure minière et la teneur élevée de ses gisements, lui permettant d’extraire davantage d’argent que sa géologie ne le suggérerait.
Les chiffres de la production mexicaine en 2024 confirment une tendance à la hausse, avec 6 289,123 tonnes en 2023 et 6 195 000 tonnes en 2022, contre 6 108 000 tonnes en 2021.
Le succès du Mexique repose sur sa capacité à optimiser l’efficacité de l’extraction grâce à un ensemble de mines performantes qui alimentent le marché. Le pays a su dépasser les attentes en termes de volume, grâce à une infrastructure développée au fil des années, lui permettant de maintenir sa suprématie dans le secteur. Il fournit à lui seul environ un quart de l’argent extrait à l’échelle planétaire.
La Chine et le Pérou suivent de près
La Chine occupe la deuxième place du podium avec environ 3 300 tonnes d’argent. Contrairement au Mexique, une part importante de sa production est issue de la transformation des déchets issus de l’extraction du plomb et du zinc, ce qui rend son approvisionnement plus dépendant des cycles industriels que du prix du métal précieux.
Le Pérou, avec environ 3 100 tonnes, complète le trio de tête, soulignant l’importance de la région latino-américaine sur le marché de l’argent. Ces trois pays à eux seuls représentent plus de la moitié de la production mondiale, estimée à 25 000 tonnes.
L’argent, valeur refuge en temps d’incertitude
Bien que la production d’argent soit répartie sur plusieurs régions, le marché reste concentré entre les mains de quelques acteurs majeurs. La forte demande industrielle, notamment dans les secteurs de l’électronique, de l’énergie solaire et de l’électrification, a maintenu le marché en déficit ces cinq dernières années, renforçant ainsi l’importance stratégique des pays producteurs.
L’argent est également considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude géopolitique et financière. La hausse à 100,29 dollars l’once le 23 janvier n’est pas un phénomène isolé. Le marché a réagi à une combinaison de facteurs, notamment les achats massifs d’investisseurs particuliers à New York, Londres et Shanghai, les tensions géopolitiques, en particulier les conflits commerciaux impliquant les États-Unis, et l’absence de progrès significatifs dans la guerre en Ukraine, ainsi que les inquiétudes concernant la politique monétaire américaine.