Publié le 18 février 2026 10:24:00. Le PDG d’Anduril, Palmer Luckey, critique ouvertement l’inefficacité des dépenses militaires américaines, estimant que le pays ne tire pas un bénéfice proportionnel à ses investissements massifs dans la défense, alors que Donald Trump envisage une nouvelle augmentation du budget.
- Palmer Luckey, fondateur d’Anduril, dénonce un système de défense américain coûteux et peu performant.
- Il affirme que la Chine obtient un meilleur retour sur investissement militaire pour chaque dollar dépensé.
- Donald Trump a également critiqué les entreprises de défense américaines pour leurs retards de livraison et leurs dépassements de coûts.
Le PDG d’Anduril, connu pour sa franchise, a remis en question la pertinence des investissements militaires américains lors du salon aéronautique de Singapour. Selon lui, l’évaluation des dépenses se base uniquement sur les montants engagés, sans tenir compte de l’efficacité réelle des équipements acquis.
« La force militaire devrait être mesurée en bénéfices, dans ce que les pays reçoivent vraiment après avoir payé. C’est une des raisons pour lesquelles la défense américaine n’est pas calibrée pour produire des équipements militaires à prix réduits. »
Palmer Luckey, PDG d’Anduril
Luckey va plus loin en qualifiant l’appareil de défense américain d' »inefficace », soulignant que les États-Unis n’obtiennent pas le même niveau de performance pour un dollar dépensé que d’autres nations. Cette critique intervient alors que Donald Trump souhaite porter le budget de la défense à 1 500 milliards de dollars (environ 1 387 milliards d’euros) en 2027.
« La Chine reçoit plus d’avions, beaucoup plus de missiles et sûrement bien plus d’équipements terrestres pour chaque dollar dépense. Au final, on est peut-être dans une situation où la Chine dépense moins que les États-Unis mais reçoit deux, trois, quatre fois plus. »
Palmer Luckey, PDG d’Anduril
En 2025, la Chine a investi 249 milliards de dollars (environ 230 milliards d’euros) dans son armée, ce qui lui permet de disposer d’une capacité de construction militaire plus de 200 fois supérieure à celle des États-Unis. Luckey a exprimé son souhait de voir un budget de 500 milliards de dollars (environ 462 milliards d’euros) suffire à acquérir les équipements nécessaires, déplorant le fait que les entreprises actuelles soient récompensées pour leur lenteur et la qualité médiocre de leurs produits. « Nous dépensons trop sur de mauvais investissements », a-t-il affirmé.
Cette grogne commence également à se faire entendre à Washington. En janvier dernier, Donald Trump a publiquement critiqué les entreprises américaines du secteur de la défense, les accusant de privilégier les paiements aux livraisons dans les délais. Il a même menacé de bloquer les versements de dividendes et les rachats d’actions des entreprises en retard jusqu’à ce que ces problèmes soient résolus.
Face à ces réactions, Palmer Luckey s’est déclaré confiant quant à l’avenir d’Anduril, affirmant que son entreprise respecte les délais et les budgets. « Nous livrons dans les temps et restons dans le budget », a-t-il déclaré avec satisfaction.