Home International Le pétrole devient moins cher, les revenus chutent : la Russie a un sérieux problème

Le pétrole devient moins cher, les revenus chutent : la Russie a un sérieux problème

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Publié le 2025-10-19 15:28:00. Les finances russes sont sous tension, confrontées à des revenus pétroliers et gaziers inférieurs aux prévisions, une situation qui risque de s’accentuer en 2026. Alors que le gouvernement anticipe un déficit budgétaire, les experts soulignent l’optimisme excessif des autorités dans leurs projections.

  • Les recettes pétrolières et gazières, pilier du budget russe, ont chuté de 20 % sur les neuf premiers mois de l’année par rapport à 2024, plombées par la baisse des prix mondiaux.
  • Pour 2025, ces recettes s’annoncent comme les plus basses depuis la pandémie de 2020, et la tendance pourrait se poursuivre en 2026 malgré des prévisions gouvernementales jugées trop optimistes par les marchés.
  • L’augmentation des dépenses publiques, largement imputable à la guerre, combinée à une baisse des revenus, pousse le Kremlin à envisager de nouvelles hausses d’impôts, contredisant ses promesses.

Les projections budgétaires russes pour 2025 et 2026 reposent sur des hypothèses de prix du pétrole de l’Oural et de taux de change du rouble qui s’avèrent déconnectées de la réalité du marché. Le gouvernement avait tablé sur un baril d’Oural à 69,7 dollars et un dollar à 96,5 roubles pour 2025. Or, le pétrole russe s’échange actuellement à moins de 60 dollars, et le dollar avoisine les 80 roubles. Pour 2026, les chiffres officiels avancent 59 dollars pour le baril et 92,2 roubles pour le dollar, des estimations que les analystes financiers jugent encore trop optimistes.

Les grandes banques d’investissement internationales, telles que Citi, Goldman Sachs et JPMorgan, ont revu à la baisse leurs prévisions pour le prix du baril de Brent, anticipant une moyenne de 50 à 60 dollars pour 2026. L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) se montre encore plus pessimiste, tablant sur un prix moyen du Brent de 51 dollars le baril. Ces estimations suggèrent un prix encore plus bas pour le pétrole de l’Oural, d’autant que l’Inde, principal client russe, bénéficie actuellement de décotes de 2 à 3 dollars par baril.

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance baissière sur les marchés mondiaux du pétrole. Après des années favorables à la Russie, l’offre tend désormais à croître plus rapidement que la demande. Cette dynamique s’est accélérée suite à la décision de huit pays membres de l’OPEP+ de lever leurs restrictions de production volontaires. Entre avril et septembre, ces pays ont augmenté leur production de 2,2 millions de barils par jour, et une nouvelle augmentation de 1,65 million de barils par jour est prévue. L’Arabie saoudite pousserait à une accélération de cette reprise de production, tandis que la Russie, plus réticente, prônerait une approche plus mesurée.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le marché devrait connaître un excédent de 1,9 million de barils par jour fin 2025, un chiffre qui pourrait grimper à 3,3 millions de barils par jour en 2026, soit environ 3 % de la demande mondiale. Les analystes de Citi estiment que la constitution des stocks par certains pays, notamment la Chine, freine pour l’instant une chute plus marquée des prix. Ils prévoient une stabilisation autour de 60 dollars le baril de Brent d’ici la fin de l’année, sauf événement imprévu majeur. D’autres voix, comme Javier Blas de Bloomberg, alertent sur une pression accrue sur les prix due à l’augmentation de l’excédent. Le mécanisme de stockage du pétrole, autrefois utilisé pour absorber ces excédents, fonctionnerait moins efficacement aujourd’hui en raison des taux d’intérêt élevés.

Cette conjoncture place les entreprises exportatrices russes dans une position délicate. Elles subissent une double pression : celle des marchés étrangers, marquée par une détérioration de la situation des prix, et celle, intérieure, engendrée par la force du rouble. L’analyste financier Nikolaï Dudchenko souligne qu’en dépit de leur résilience face aux sanctions, ces entreprises ne peuvent influencer les tendances des prix mondiaux.

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