Les prix du pétrole ont fortement progressé lundi, portés par la crainte grandissante d’une intervention militaire américaine en Iran, malgré l’annonce de nouvelles négociations diplomatiques prévues jeudi. Cette tension géopolitique éclipse, à ce stade, les incertitudes liées à une récente décision de la Cour suprême américaine concernant les droits de douane.
Téhéran a mis en garde contre toute riposte américaine, même limitée, promettant une réaction « avec force » si son programme nucléaire était menacé. « Toute attaque américaine, y compris une frappe limitée, le pousserait à riposter avec force », a déclaré un porte-parole iranien.
Les analystes s’inquiètent particulièrement d’une possible perturbation de l’approvisionnement mondial en cas de conflit. Mark Bowman, d’ADM Investors Services, souligne que l’Iran pourrait réagir en « fermant le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole ».
Vers 16h10 (heure de Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, s’échangeait à 72,38 dollars américains (environ 67,60 euros), en hausse de 0,86 %. Le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, gagnait quant à lui 1,07 % à 67,19 dollars américains (environ 62,90 euros). Il s’agit du premier jour d’utilisation du West Texas Intermediate comme contrat de référence.
De nouvelles discussions entre Washington et Téhéran sont prévues jeudi, confirmées par l’Iran et Oman. Les États-Unis n’ont, pour l’instant, pas confirmé leur participation.
Parallèlement, le déploiement important de forces militaires américaines au Moyen-Orient alimente les craintes. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, estime que « le marché ne croit plus vraiment qu’une attaque américaine contre l’Iran puisse être évitée ».
En outre, les investisseurs tentent d’évaluer l’impact de la décision de la Cour suprême américaine d’invalider certains droits de douane. Leur suspension, prévue à partir de mardi, pourrait stimuler la consommation et l’investissement, selon Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale américaine. « Cela pourrait avoir un impact positif sur la consommation et l’investissement », a-t-il déclaré lors d’un forum à Washington.
Cependant, l’incertitude demeure quant à l’ampleur et à la durée de cet effet. Le président américain a, en effet, annoncé samedi une hausse généralisée des droits de douane à 15 %, en vertu d’une autre loi. Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote, souligne la confusion créée par cette annonce : « La Maison Blanche a affirmé que les accords bilatéraux déjà conclus restaient valables, mais personne ne comprend comment les partenaires commerciaux pourraient se voir imposer 15 % supplémentaires tout en conservant leurs accords initiaux ».