Publié le 2025-11-03 16:47:00. Les cybercriminels intensifient leurs attaques contre le secteur du transport et de la logistique, orchestrant des vols de marchandises d’envergure qui pourraient coûter des milliards aux entreprises et aux consommateurs. Cette nouvelle menace, révélée par des recherches en cybersécurité, met en lumière une collaboration accrue entre pirates et réseaux du crime organisé.
- Des groupes criminels s’associent pour dérober et revendre des cargaisons volées, ciblant spécifiquement les entreprises de camionnage et les courtiers en fret.
- Les cyberattaques visent à infiltrer les réseaux informatiques pour accéder à distance aux systèmes logistiques, créant un effet domino sur toute la chaîne d’approvisionnement.
- Les pertes liées au vol de marchandises ont connu une augmentation significative en 2024 et devraient continuer de croître, atteignant des sommes astronomiques.
Une nouvelle vague de cybercriminalité menace la stabilité du transport routier et de la logistique. Selon les conclusions de Proofpoint Inc., une entreprise spécialisée en cybersécurité basée en Californie, des pirates informatiques collaborent désormais étroitement avec des organisations criminelles pour mener des vols de marchandises à grande échelle. L’objectif principal est de compromettre les infrastructures numériques des entreprises de camionnage et des courtiers en fret, leur permettant ainsi un accès à distance aux systèmes afin de faciliter le dévoiement des cargaisons.
Ces attaques ne se limitent pas à une seule entité, mais représentent une menace globale qui peut perturber l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement, des ports maritimes jusqu’aux livraisons finales chez les consommateurs. « Cette attaque a un effet en chaîne sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Depuis les navires de transport, les ports, jusqu’aux camions qui livrent des marchandises aux entreprises et finalement aux consommateurs », a alerté Selena Larson, analyste principale des renseignements sur les menaces chez Proofpoint, auprès de Bloomberg.
Les biens dérobés sont ensuite écoulés sur des plateformes en ligne ou exportés. Les conséquences financières sont déjà considérables : le National Insurance Crime Bureau (NICB) estime que les pertes dues au vol de marchandises ont augmenté de 27 % en 2024 et devraient encore connaître une hausse de 22 % en 2025, portant le préjudice annuel à environ 35 milliards de dollars américains (soit près de 585 milliards de rupiah).
Les chercheurs en cybersécurité ont observé une montée en puissance de ces tactiques dès 2024. Au moins trois groupes distincts adoptent des stratégies similaires, avec une recrudescence des attaques observées ces deux derniers mois. « C’est comme une constellation de différents groupes menaçants, tous utilisant des tactiques similaires. Ces crimes sont très lucratifs et difficiles à suivre, cela nécessite donc une coopération entre les forces de l’ordre, les entreprises et les utilisateurs finaux pour les combattre collectivement », a souligné Selena Larson.
Les cybercriminels font preuve d’une grande ingéniosité, exploitant l’ingénierie sociale et une connaissance pointue des rouages logistiques. Leur méthode consiste souvent à s’introduire dans les « load boards », ces places de marché en ligne où se rencontrent expéditeurs et transporteurs, afin de se faire passer pour des acteurs légitimes du secteur et de mieux dissimuler leurs intentions malveillantes.