Publié le 16 octobre 2025. Une zone d’affaiblissement du champ magnétique terrestre, surnommée « point faible », a pris une ampleur considérable ces dix dernières années. Cette anomalie, située au-dessus de l’Atlantique Sud, suscite des inquiétudes quant à son impact potentiel sur les satellites et les communications.
- L’anomalie magnétique de l’Atlantique Sud, qui s’étend sur près de la moitié de la taille de l’Europe, a connu une croissance significative.
- Des observations par les satellites Swarm de l’Agence spatiale européenne (ESA) révèlent un affaiblissement rapide de cette zone depuis 2020.
- Cette évolution pourrait entraîner une exposition accrue aux radiations pour les engins spatiaux et une fréquence plus importante des pannes de communication.
L’anomalie magnétique de l’Atlantique Sud (AMAS) est une région où l’intensité du champ magnétique terrestre est nettement plus faible que la moyenne. Les récentes mesures satellitaires, notamment celles effectuées par la constellation Swarm de l’ESA depuis 2014, indiquent que cette zone s’est étendue vers l’est et s’est affaiblie de manière accélérée depuis 2020. Sa taille actuelle est estimée à près de la moitié de celle de l’Europe.
« L’anomalie magnétique de l’Atlantique Sud n’est pas uniforme. Elle varie différemment près de l’Afrique et près de l’Amérique du Sud. Quelque chose de spécial se produit dans la région proche de l’Afrique, provoquant ici un affaiblissement plus intense de la force du champ magnétique », explique Chris Finlay, l’un des auteurs d’une étude publiée dans la revue *Physics of the Earth and Planetary Interiors*. Cette hétérogénéité régionale est un aspect clé des recherches menées pour comprendre ce phénomène.
Les scientifiques suggèrent que la formation de ces anomalies est indirectement liée à d’énormes structures situées à la frontière entre le noyau et le manteau terrestre. Ces formations, connues sous le nom de « Large Low-Shear Velocity Provinces » (LLSVP), pourraient être connectées aux impacts gigantesques qui auraient, selon certaines théories, contribué à la formation de la Lune. Le champ magnétique lui-même est généré par le mouvement du fer liquide dans le noyau externe de la Terre.
« Lorsque vous essayez de comprendre le champ magnétique terrestre, il est important de se rappeler qu’il ne s’agit pas d’un simple dipôle comme un barreau magnétique. Seuls des satellites comme Swarm peuvent révéler sa véritable structure et son évolution », déclare Chris Finlay.
L’élargissement de cette zone d’affaiblissement magnétique a des implications directes pour les activités spatiales. Les satellites en orbite traversent désormais une plus grande partie de leur trajectoire à travers cette région de moindre protection. Ils sont donc potentiellement plus exposés aux radiations solaires et cosmiques, ce qui pourrait accélérer leur vieillissement et augmenter le risque de dysfonctionnements techniques, notamment des pannes de communication.
Il est important de noter qu’un affaiblissement régional de l’intensité du champ magnétique ne signifie pas une inversion imminente des pôles. D’après les reconstructions paléomagnétiques, un affaiblissement global de l’ordre de 90% serait nécessaire avant qu’une telle inversion puisse se produire.