Publié le 20 février 2026 à 01:11. Une première tentative de rassemblement public à Mexico pour les « thériens », des personnes s’identifiant à des animaux, a tourné à la déception, révélant les défis de la visibilité pour cette communauté émergente.
- Un événement organisé à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) a attiré de nombreux curieux et médias, mais aucun « therian » ne s’est présenté.
- Le phénomène « therian », popularisé par les réseaux sociaux, consiste à ressentir un lien psychologique ou spirituel fort avec un animal.
- Les organisateurs attribuent l’absence de participants à la crainte d’être exposés et à la viralité de l’événement.
L’espoir d’une première rencontre physique pour les « thériens » mexicains a été déçu ce vendredi à Mexico. Malgré un appel lancé sur les réseaux sociaux, aucun membre de ce groupe, qui s’identifie et se comporte comme un animal, n’a répondu présent à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Des dizaines de journalistes et des centaines de curieux ont assisté à l’événement, initialement prévu à 14h00 heure locale (20h00 GMT), mais ont attendu en vain l’arrivée des « thériens ».
Le terme « therian », désignant une personne qui entretient un lien psychologique ou spirituel avec un animal non humain, a gagné en popularité au Mexique ces dernières semaines grâce à la diffusion de photographies et de vidéos sur Internet et les réseaux sociaux. On y voit des individus portant des masques et des costumes d’animaux, imitant même leurs mouvements.
L’objectif de ce premier rassemblement public était de créer un espace de « coexistence libre » pour les personnes identifiées comme « thériens », a expliqué à l’Agence EFE Levi Gallardo, l’un des organisateurs. Il a exprimé son regret face à l’issue de l’événement, qu’il attribue à la réticence des participants à s’exposer.
« La plupart d’entre eux nous ont contactés pour nous dire : ‘Hé, la vérité c’est que je suis un Therian, je ne viens pas habillé, je veux participer aux activités, mais il y a beaucoup de monde’ »
Levi Gallardo, organisateur de la rencontre
M. Gallardo, qui ne se considère pas lui-même comme un « therian » mais soutient pleinement ce groupe, souhaitait « humaniser ceux qui ne veulent pas être humanisés ». Il déplore que la société perçoive souvent les « thériens » comme des individus « étrangers et laids », alors qu’il estime qu’il est « très courant » de ressentir une identification à quelque chose qui « n’est pas humain ».
Parmi les curieux présents, la déception était palpable. Dante, un étudiant en philosophie à l’UNAM, a confié à l’Agence EFE qu’il était « assez intéressant » de pouvoir observer un « therian ». Il a toutefois souligné qu’il est « tout à fait valable » qu’une personne se sente identifiée comme un animal et qu’elle doit être « respectée », quelle que soit l’originalité de cette idée.
À l’inverse, Diego, un ancien étudiant en chimie, a qualifié ce groupe d’« horreur » et s’est déclaré « très contre » les « thériens », exprimant le souhait que les gens « ne le prennent pas au sérieux ».
Le mouvement « therian » est apparu dans les années 1990, mais a connu une popularité croissante ces dernières années grâce à des plateformes comme TikTok, Instagram et YouTube, où des adolescents partagent leurs expériences d’identité animale.