Publié le 2025-10-08 10:02:00. Alors que la France traverse une crise gouvernementale persistante, le Premier ministre par intérim, Sébastien Lecornu, se montre optimiste quant à l’adoption d’un budget d’ici la fin de l’année. Des discussions sont attendues avec le président Emmanuel Macron dans la soirée.
- Le vote d’un budget d’ici la fin de l’année est jugé possible par Sébastien Lecornu.
- De nouvelles élections législatives sont considérées comme peu probables.
- La Banque Centrale Européenne observe la situation sans intervenir pour l’heure.
Sébastien Lecornu, qui a présenté sa démission mais reste en poste pour gérer les négociations, estime que la perspective d’un budget voté avant la fin de l’année rend peu probable la tenue de nouvelles élections. Il prévoit d’engager des discussions avec la « gauche républicaine » afin de trouver les « concessions » nécessaires à l’obtention de son soutien. Le Premier ministre compte échanger dans la soirée avec le président Emmanuel Macron sur l’avancement de ces négociations.
Le président Macron a accepté la démission de Sébastien Lecornu lundi, tout en lui confiant la mission de poursuivre les pourparlers jusqu’à mercredi soir afin de définir « les bases d’action et de stabilité du pays ». Dans l’entourage présidentiel, on a laissé entendre que des « nombreuses possibilités » s’offraient à Macron s’il devait assumer sa responsabilité en cas d’échec de Lecornu, maintenant une part de mystère quant à la signification exacte de cette déclaration. Si jusqu’à présent le président avait toujours affirmé sa volonté d’aller au bout de son mandat, l’hypothèse de nouvelles élections législatives, qu’il avait jusqu’alors écartée, ne semble plus impossible.
Le gouvernement privé de sa majorité relative
Depuis les élections législatives anticipées de l’été 2024, le camp présidentiel ne dispose plus de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Le paysage politique s’est fragmenté, opposant le camp gouvernemental à deux blocs majeurs : d’une part, les forces de gauche radicales, et d’autre part, le Rassemblement national (RN) à l’extrême droite. Cette configuration a rendu jusqu’à présent impossible l’adoption du budget d’austérité prévu pour 2026.
Alors que les partis de gauche radicale réclament de nouvelles élections et la destitution du président, les socialistes et les écologistes espèrent encore qu’Emmanuel Macron nomme un Premier ministre issu de leurs rangs. « Il est de notre responsabilité commune de faire avancer ensemble notre programme », ont déclaré conjointement les populistes de gauche et les écologistes.
La BCE reste à l’observation
La Banque Centrale Européenne (BCE) n’a pas encore arrêté de mesures concrètes pour répondre à la crise gouvernementale qui affecte la deuxième économie de la zone euro. Lors d’une audition devant le Parlement européen à Strasbourg, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a simplement indiqué lundi soir que la Banque disposait de « différents instruments » dans sa panoplie, susceptibles d’être mobilisés sous certaines conditions. « Nous n’en avons pas discuté récemment au Conseil de la BCE », a-t-elle précisé. La BCE dispose notamment du Transmission Protection Instrument (TPI), un programme d’urgence qui lui permettrait en théorie d’acheter un nombre illimité d’obligations d’État d’un pays de la zone euro en difficulté. Sur les marchés, les actions françaises sont restées stables mardi, après une chute temporaire de plus de 2 % de l’indice boursier principal en début de semaine. (rouge./APA)