Le Sénégal se prépare à durcir sa législation contre l’homosexualité, avec un projet de loi présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko prévoyant des peines de prison pouvant aller jusqu’à dix ans. Cette initiative intervient après une série d’arrestations récentes et dans un contexte de tensions croissantes autour des droits LGBTQ+ dans le pays.
Selon les termes du projet de loi, transmis au Parlement mardi 25 février 2026, les « actes contre nature » seraient désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans actuellement. Une peine maximale serait appliquée en cas d’agression sexuelle sur un mineur. Le texte prévoit également des sanctions pénales pour ceux qui promeuvraient ou défendraient les relations homosexuelles, avec des peines de trois à sept ans d’emprisonnement.
« Si un acte est commis avec un mineur, il entraînera la peine maximale », a déclaré M. Sonko devant les législateurs. Il a également précisé que le projet de loi ne modifierait pas le statut juridique de l’homosexualité, qui resterait un délit mineur.
Cette proposition de loi a suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch a dénoncé une répression qui viole « de multiples droits internationalement protégés », notamment l’égalité et la non-discrimination. Le débat sur les droits LGBTQ+ est particulièrement sensible au Sénégal, un pays à majorité musulmane où certains groupes considèrent l’activisme en faveur de ces droits comme une ingérence étrangère.
Plus d’une trentaine de personnes ont été arrêtées ce mois-ci au Sénégal, dont des personnalités publiques et un journaliste, en vertu des lois existantes interdisant les relations homosexuelles. Le projet de loi de M. Sonko, qui avait fait de la criminalisation de l’homosexualité une promesse de campagne, doit maintenant être examiné et voté par l’Assemblée nationale, où son parti, Pastef, est majoritaire.
Le projet de loi prévoit également des amendes pouvant atteindre 10 millions de francs CFA (environ 18 000 dollars américains ; 13 000 livres sterling) pour les personnes reconnues coupables des infractions définies dans le texte. Il punit également ceux qui accuseraient autrui d’homosexualité « sans preuve ».
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large observé dans plusieurs pays africains, notamment le Burkina Faso et le Mali, qui ont récemment adopté des lois similaires. En 2023, l’Ouganda avait déjà voté une loi particulièrement sévère prévoyant la peine de mort pour certains actes homosexuels.