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Le président tanzanien Hassan a été déclaré vainqueur du vote contesté avec 98 pour cent | Actualités électorales

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La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été déclarée vainqueur d’une élection présidentielle largement contestée, marquée par des violences et l’exclusion de ses principaux rivaux. Ce scrutin, entaché par des troubles civils et une répression présumée, a vu la dirigeante remporter près de 98% des suffrages exprimés.

Les résultats définitifs, annoncés le samedi 1er novembre 2025 par la commission électorale, confirment la victoire écrasante de Samia Suluhu Hassan avec 97,66% des voix lors du scrutin de mercredi. Une cérémonie d’investiture était prévue le jour même, selon les médias d’État.

Le déroulement de l’élection présidentielle et législative a rapidement dégénéré en jours de protestations violentes. Des citoyens sont descendus dans les rues des principales villes pour dénoncer l’interdiction ou l’empêchement de candidatures de figures d’opposition majeures, ainsi qu’une « répression généralisée », selon leurs témoignages. Malgré une présence sécuritaire renforcée, le jour du vote a été marqué par le chaos. Des témoins rapportent que des manifestants ont arraché des banderoles à l’effigie de la présidente et incendié des bâtiments gouvernementaux, tandis que les forces de l’ordre auraient eu recours aux gaz lacrymogènes et fait usage de leurs armes à feu.

Le principal parti d’opposition, le Chadema, qui n’a pas été autorisé à participer aux élections, a affirmé vendredi à l’agence de presse AFP que le bilan des victimes s’élevait à « environ 700 » morts, selon des chiffres compilés auprès d’un réseau de surveillance des hôpitaux et cliniques. Parallèlement, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a indiqué avoir reçu des « rapports crédibles » faisant état d’au moins 10 morts dans trois villes.

Face à ces accusations, le ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Thabit Kombo, a déclaré à Al Jazeera vendredi que les autorités avaient agi « de manière appropriée » et que le scrutin s’était déroulé « équitablement ». Il a nié l’usage « excessif de la force » et affirmé que le gouvernement ne disposait « d’aucun chiffre officiel » concernant les manifestants tués, ajoutant : « Je n’ai vu ces 700 nulle part. »

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est dit « profondément préoccupé » par la situation en Tanzanie, « notamment par les informations faisant état de morts et de blessés lors des manifestations », selon un communiqué de son porte-parole.

Samia Suluhu Hassan, qui avait accédé à la vice-présidence en 2021 suite au décès soudain de son prédécesseur, John Magufuli, s’est présentée face à 16 candidats issus de formations politiques mineures. Tundu Lissu, leader du Chadema, a passé plusieurs mois en détention pour trahison, suite à des appels à des réformes électorales qu’il jugeait indispensables à des élections libres et équitables, accusations qu’il réfute. Une autre figure de l’opposition, Luhaga Mpina du groupe ACT-Wazalendo, s’est vu interdire de candidature.

Des organisations de défense des droits humains dénoncent une « vague de terreur » orchestrée par Samia Suluhu Hassan avant le vote, citant notamment une série d’enlèvements très médiatisés ayant culminé dans les jours précédant le scrutin. Le gouvernement a rejeté ces critiques concernant son bilan en matière de droits humains. La présidente n’a, quant à elle, fait aucune déclaration publique depuis le début des troubles.

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