Reliance Industries Ltd, principal importateur indien de pétrole russe, a annoncé qu’il se conformerait aux sanctions occidentales. Cette déclaration met fin à plusieurs jours de spéculations concernant la manière dont le conglomérat indien gérerait les nouvelles mesures visant deux des plus grandes compagnies pétrolières russes.
« Reliance adaptera les opérations de la raffinerie pour répondre aux exigences de conformité », a indiqué vendredi un porte-parole de l’entreprise dans un communiqué, tout en affirmant maintenir ses relations avec ses fournisseurs. Le groupe a également précisé : « Chaque fois qu’il y aura des directives de la part du gouvernement indien à cet égard, comme toujours, nous nous y conformerons pleinement. »
Ces sanctions interviennent alors que le Trésor américain, via son Office of Foreign Assets Control (OFAC), a désigné pour la première fois, mercredi, les majors pétrolières russes Rosneft et Lukoil. Cette décision s’inscrit dans un contexte de frustration croissante face à la guerre en Ukraine. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a justifié cette mesure par « le refus du président russe Vladimir Poutine de mettre fin à cette guerre insensée » et a encouragé les alliés à adhérer à ces nouvelles sanctions.
Le lendemain, l’Union européenne a adopté son 19e paquet de mesures contre la Russie, incluant une interdiction totale des transactions sur Rosneft. L’UE avait déjà annoncé qu’à compter du 21 janvier, elle ne recevrait plus de carburant importé de raffineries ayant reçu ou traité du pétrole russe dans les 60 jours précédant son expédition.
Reliance Industries Ltd, dirigé par le milliardaire Mukesh Ambani, exploite le plus grand complexe de raffinage du monde dans l’ouest du Gujarat. La société achète environ la moitié des 1,7 à 1,8 million de barils par jour (b/j) de brut russe expédié en Inde à prix réduit. En 2024, Reliance avait signé un accord de 10 ans avec Rosneft pour l’achat de près de 500 000 b/j, selon une information de Reuters à l’époque. Le groupe se procure également du pétrole russe auprès d’intermédiaires.
Bien que Reliance n’ait pas détaillé la façon dont elle compte gérer concrètement les sanctions, ni précisé le devenir de son accord avec Rosneft, le porte-parole a souligné que l’entreprise se conformerait aux exigences européennes en matière d’importation. « Reliance est convaincu que sa stratégie d’approvisionnement en brut diversifié et éprouvée continuera à garantir la stabilité et la fiabilité de ses opérations de raffinage pour répondre aux exigences nationales et d’exportation, y compris vers l’Europe », a ajouté le porte-parole.
Ces sanctions surviennent également alors que l’Inde fait face aux répercussions des droits de douane imposés par Donald Trump sur ses exportations, qui ont atteint 50 % à partir d’août, en sanction pour l’importation de pétrole russe. La Chine et l’Inde figurent parmi les plus grands importateurs mondiaux de brut russe.
Donald Trump a par ailleurs demandé à plusieurs reprises au cours du mois dernier que l’Inde cesse d’acheter du pétrole russe dans le cadre d’un accord commercial plus large, une affirmation que le gouvernement indien n’a pas confirmée. Ni le ministère indien des Affaires étrangères, ni le ministère du Pétrole n’ont répondu suite à l’annonce des sanctions mercredi.