À l’heure où une certaine bien-pensance semble égratigner les classiques de la comédie, un film divise encore : Wedding Crashers. Malgré les critiques acerbes le qualifiant de « toxique », « sexiste » ou encore « inapproprié », le long-métrage avec Vince Vaughn et Owen Wilson avait pourtant rencontré un succès retentissant, amassant 209 millions de dollars au box-office américain. Une ironie qui n’échappe pas à certains observateurs, y voyant un décalage entre la perception d’une partie de la critique et le goût du public.
À l’occasion de son 20e anniversaire, Wedding Crashers fait son grand retour dans les salles obscures les 4 et 11 décembre, grâce à Fathom Entertainment. Cette ressortie spéciale promet même d’offrir près de 10 minutes de scènes inédites, coupées lors de la sortie initiale. Une initiative qui met en lumière la résilience de cette comédie, malgré les accusations de propos problématiques.
Les critiques virulentes ne manquent pas. Sur la Toile, certains pointeront du doigt des stéréotypes jugés éculés. Le magazine Flood, par exemple, citait la présence d’un majordome noir, unique personnage de couleur du film, reléguant les protagonistes blancs à des rôles de faire-valoir. Le fils de la famille, Todd, est décrit comme un artiste mentalement instable, homosexuel et « prédateur », résultat d’un « background répressif ». L’épouse du Secrétaire Cleary, incarnée par Jane Seymour, est dépeinte comme une « cougar » aguicheuse, tandis que la grand-mère affiche une homophobie envers son propre petit-fils, et une mise en scène d’Eleanor Roosevelt jugée déroutante. « Le tout est joué pour le rire et sonne aujourd’hui brutalement démodé », résume le magazine.
Pourtant, cette remise en question ne semble pas entamer la popularité du film. Loin de là. Il est fort probable que cette ressortie génère des recettes supérieures à celles de certaines productions prévues pour 2025. Pourquoi un tel engouement persistant ? La raison est simple : une bonne comédie ne vieillit jamais. Wedding Crashers, avec son approche décomplexée et ses personnages loin des sentiers battus, a su toucher un public avide de divertissement sans fard. Le message est clair : les « mauvais garçons » font rire, et c’est une formule qui fonctionne. Ils ne sont pas censés être des modèles, et c’est justement ce qui plaît.
Au-delà de ce cas particulier, la véritable leçon à tirer pour Hollywood réside dans la réouverture des portes à la comédie classée R (interdite aux moins de 17 ans non accompagnés). Le succès de Wedding Crashers prouve qu’il existe un marché rentable pour ce type de productions. Difficile, en effet, de trouver une comédie récente ayant approché les 209 millions de dollars de recettes sur le territoire américain. L’industrie semble avoir appris, à ses dépens, que briser les codes peut s’avérer une stratégie gagnante.