Publié le 15 octobre 2025 08:20:00. L’or connaît une semaine de forte hausse, franchissant la barre des 4 250 dollars, une tendance portée par les incertitudes économiques et géopolitiques. Les analystes conseillent cependant la prudence, préconisant d’attendre une correction pour saisir des opportunités d’achat.
- Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, ainsi que la situation du gouvernement américain, alimentent la demande pour l’or en tant que valeur refuge.
- La Banque populaire de Chine renforce ses réserves d’or, signe d’une stratégie de diversification face aux risques de devises étrangères.
- L’apaisement des tensions au Moyen-Orient pourrait exercer une pression baissière à court terme sur le métal précieux.
Selon Natthawut Wongyaowak, directeur de la recherche chez Globlex Securities, le métal jaune devrait maintenir sa trajectoire ascendante. Cette vigueur s’explique notamment par la menace américaine d’imposer des droits de douane sur les importations chinoises, en réponse au contrôle par Pékin des exportations de terres rares, un élément crucial pour l’industrie technologique. La Chine a d’ailleurs fait savoir qu’elle envisageait des représailles, incitant ainsi les investisseurs à se tourner vers l’or comme valeur refuge.
La persistance du « shutdown » du gouvernement américain accentue les inquiétudes quant à la stabilité économique, renforçant l’attrait de l’or. Les marchés scrutent également avec attention la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), dans l’espoir d’une baisse des taux d’intérêt destinée à stimuler l’économie.
Un autre élément de soutien est la publication par la Banque populaire de Chine (PBOC) de ses réserves d’or. Fin septembre 2025, celles-ci s’élevaient à 74,06 millions d’onces, contre 74,02 millions en août. La PBOC a ainsi augmenté ses achats d’or pour le onzième mois consécutif, signalant une volonté de diversifier le risque lié aux devises étrangères.
Par ailleurs, Goldman Sachs a révisé à la hausse ses prévisions pour l’or en décembre 2026, passant de 4 300 à 4 900 dollars l’once. La banque d’investissement cite les importants afflux de capitaux vers les ETF sur l’or en Occident et la probabilité accrue d’achats par les banques centrales.
Dans un autre registre, la situation au Moyen-Orient, particulièrement dans la bande de Gaza, montre des signes d’apaisement suite à un accord de cessez-le-feu permanent, le retrait des forces israéliennes, l’acheminement d’aide humanitaire, la réouverture du point de passage de Rafah dans les deux sens et un échange de prisonniers. Ces développements pourraient exercer une pression vendeuse sur l’or, considéré comme une valeur refuge, et peser sur son cours à court terme.
Cette semaine, les regards seront tournés vers la publication des chiffres de l’inflation américaine, susceptible d’être retardée si le « shutdown » se prolonge. En l’absence de signaux clairs de la part du président de la Fed, Jerome Powell, concernant l’orientation des taux d’intérêt, la fourchette de fluctuation du prix de l’or est estimée entre 4 100 et 4 250 dollars l’once. Les analystes recommandent d’attendre une correction du marché pour se positionner à l’achat.