Mis à jour le jeudi 6 novembre à 14h16. L’accusation réclame 30 ans de prison, y compris une période de détention minimale de 20 ans, à l’encontre d’Arfan Bhatti, présenté comme l’architecte présumé de la fusillade qui a secoué Oslo le 25 juin 2022. Bhatti nie toute implication dans l’attentat qui a ciblé le quartier queer de la capitale norvégienne.
- L’accusation demande la peine maximale de 30 ans de prison, avec une période de sûreté de 20 ans, contre Arfan Bhatti.
- Bhatti est poursuivi pour complicité de terrorisme aggravé dans l’attentat du London Pub et du Per på Hjørnet.
- Le parquet dénonce un « auteur professionnel de violence » qui hait les valeurs norvégiennes et a agi par soutien psychologique et conseil.
Au deuxième et dernier jour de leurs réquisitions devant le Tribunal de grande instance d’Oslo, les procureurs Sturla Henriksbø et Audrinsarvik Gravås ont dressé le portrait d’un prévenu sans remords et présentant un risque de récidive. « Il n’y a pas de circonstances atténuantes ni d’aveu de culpabilité. C’est un homme qui déteste les valeurs norvégiennes », a déclaré Mme Gravås, soulignant le caractère exceptionnel de la peine requise.
L’homme de 48 ans est accusé d’avoir joué un rôle clé dans la planification de l’attentat perpétré par Zaniar Matapour, qui a coûté la vie à deux personnes et blessé plusieurs autres. Les procureurs estiment que Bhatti a apporté un soutien psychologique déterminant, prodigué des conseils et facilité l’obtention des armes utilisées par l’assaillant. Il lui est également reproché d’avoir transmis un « bayah », un serment d’allégeance, à l’organisation terroriste État islamique (EI).
« Cette affaire concerne un homme qui a utilisé un homme vulnérable pour commettre un attentat terroriste. L’incident a affecté l’ensemble du milieu queer et a semé la peur dans toute la Norvège », a martelé M. Henriksbø mercredi.
Malgré ces accusations, Arfan Bhatti maintient son innocence et nie toute intention malveillante envers la communauté homosexuelle, bien que ses avocats aient reconnu qu’il « n’accepte pas les homosexuels ». Ils ont tenté de minimiser son rôle, le présentant comme une aide apportée à un ami, Zaniar Matapour, notamment dans le cadre d’un conflit familial lié à la protection de l’enfance. La prestation du serment d’allégeance à l’EI, selon la défense, n’était qu’un « service amical ».
Zaniar Matapour avait été condamné l’année dernière à 30 ans de prison pour cet attentat, qualifié de « fierté » dans la sentence prononcée contre lui.
La procédure prendra fin vendredi avec les plaidoiries de la défense de Bhatti. Avant le verdict, attendu au début de l’année prochaine, les avocats des parties civiles présenteront également leurs conclusions. Le procès a débuté le 2 septembre devant le tribunal de district d’Oslo.