Publié le 24 octobre 2025. La procureure générale de New York, Letitia James, a été inculpée par un grand jury fédéral en Virginie pour fraude bancaire et fausses déclarations à une institution financière. Cette affaire intervient moins de deux semaines après l’inculpation d’un autre opposant présumé à Donald Trump.
- Letitia James est accusée de fraude bancaire et de fausses déclarations dans le cadre d’une enquête fédérale en Virginie.
- Elle réfute les accusations, les qualifiant de « sans fondement » et de « vengeance politique » de la part du président Trump.
- L’affaire découle d’allégations de fraude hypothécaire concernant une propriété achetée en 2020.
La procureure générale de New York, Letitia James, fait face à de nouvelles poursuites judiciaires. Un grand jury fédéral en Virginie a rendu un acte d’accusation à son encontre, l’accusant notamment de fraude bancaire et de fausses déclarations à une institution financière. Cette décision fait de James la seconde figure politique opposée à Donald Trump à être mise en examen par la justice fédérale en l’espace de deux semaines.
Les accusations portent sur des allégations de fraude hypothécaire. Selon l’acte d’accusation rendu public, Letitia James aurait menti sur le statut de résidence d’une propriété qu’elle a acquise à Norfolk, en Virginie, en 2020. Les procureurs affirment qu’elle aurait déclaré ce bien comme résidence secondaire afin d’obtenir des conditions de prêt plus avantageuses, alors qu’elle l’aurait en réalité utilisé comme immeuble de placement locatif.
Contactée, Letitia James a fermement démenti ces accusations, les qualifiant de « sans fondement ». Dans un communiqué, elle a déclaré : « Ces accusations sont sans fondement, et les propres déclarations publiques du président montrent clairement que son seul objectif est une vengeance politique à tout prix. Il oblige les forces de l’ordre fédérales à faire ce qu’il veut, tout cela parce que j’ai fait mon travail en tant que procureur général de l’État de New York. » Son avocat, Abbe Lowell, a quant à lui assuré qu’elle « lutterait contre ces accusations dans toutes les procédures autorisées par la loi ».
L’enquête trouve son origine dans les affirmations de Bill Pulte, directeur de l’Agence fédérale de financement du logement, qui avait soulevé des doutes quant à la déclaration de résidence de James sur ses demandes de prêt.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions politiques fortes entre Letitia James et Donald Trump. La procureure générale de New York avait mené campagne en promettant d’enquêter sur l’ancien président. En 2022, son bureau avait intenté une action en justice contre Trump et son entreprise, alléguant des centaines de millions de dollars de « bénéfices illégaux » obtenus en gonflant la valeur de ses actifs. Un procès civil avait abouti à une condamnation de Trump à payer 464 millions de dollars, bien que cette amende ait été jugée « excessive » par une cour d’appel de New York, qui a néanmoins confirmé la responsabilité de l’ex-président dans la fraude.
Au mois de juin dernier, Donald Trump avait publiquement appelé à des poursuites contre James sur le réseau social Truth Social, déclarant : « Nous ne pouvons plus attendre, cela tue notre réputation et notre crédibilité. LA JUSTICE DOIT ÊTRE SERVIE, MAINTENANT !!! ».
L’acte d’accusation actuel contre James intervient peu après celui visant l’ancien directeur du FBI, James Comey, également personnalité critique envers Donald Trump. La procureure américaine du district oriental de Virginie, Lindsey Halligan, a qualifié les accusations portées contre Comey d' »actes criminels intentionnels et d’énormes abus de confiance du public ». Ces accusations, si elles étaient avérées, pourraient entraîner des peines allant jusqu’à 30 ans de prison et des amendes d’un million de dollars par chef d’accusation.
La première comparution de Letitia James devant le tribunal de district américain de Norfolk, en Virginie, est prévue pour le 24 octobre 2025. Auparavant, Erik Siebert, qui dirigeait le bureau du procureur américain de Virginie, avait démissionné après avoir jugé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour étayer les accusations contre James. Sa démission est survenue peu avant la nomination de Lindsey Halligan, ancienne conseillère à la Maison Blanche, au poste de procureure américaine par intérim.
Des personnalités politiques ont réagi avec préoccupation. Le sénateur démocrate de New York, Charles Schumer, a accusé Donald Trump d' »utiliser le ministère de la Justice comme son chien d’attaque personnel » et de s’en prendre à James pour ses actions contre le président. « Ce n’est pas de la justice, » a-t-il affirmé, « C’est une vengeance. »