Publié le 24 février 2026 07h00:00. Quatre ans après le début de l’invasion russe, le bilan humain de la guerre en Ukraine s’alourdit considérablement, avec des pertes massives des deux côtés, particulièrement importantes du côté russe, qui affectent également sa position économique et politique sur la scène internationale.
- Près de 1,2 million de soldats russes ont été tués ou blessés depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.
- Les pertes russes dépassent de loin celles subies par les États-Unis dans les conflits majeurs depuis la Seconde Guerre mondiale.
- Malgré les difficultés économiques, la Russie reste une puissance économique importante, mais montre des signes de fragilité, notamment une pénurie de main-d’œuvre et une inflation croissante.
Selon une étude récente du Center for Strategic and International Studies (CSIS), un institut américain, les forces russes ont subi près de 1,2 million de pertes – tués, blessés et disparus – depuis février 2022. Ce chiffre représente un coût humain considérable, équivalent à la population de Bruxelles. Le nombre de soldats russes tués s’élève à 325 000, soit trois fois plus que les pertes totales des forces armées américaines dans les conflits de Corée, du Vietnam, d’Afghanistan et d’Irak combinés.
Les pertes ukrainiennes sont également importantes, estimées entre 500 000 et 600 000 personnes. L’Ukraine s’est engagée à intensifier ses efforts pour réduire les effectifs russes, visant à tuer un maximum de soldats avant qu’ils ne soient pleinement entraînés. Comme le souligne un journaliste de CNN, cette guerre prend de plus en plus l’aspect d’un « vilain jeu de chiffres ».
Si la capitale russe semble à première vue épargnée par les horreurs du front, à l’exception de quelques interceptions de drones ukrainiens, l’économie russe montre des signes de tension. Les primes versées aux soldats et les allocations versées aux familles des défunts augmentent, tandis que des pénuries de main-d’œuvre se font sentir dans divers secteurs. Le journal Nezavissimaïa Gazeta, proche du Kremlin, rapporte un besoin urgent de 800 000 travailleurs.
L’inflation est également en hausse, avec des prix alimentaires en forte augmentation. L’exemple des concombres, dont le prix a doublé depuis décembre, illustre le mécontentement croissant de la population. Des fermetures de restaurants, une inflation générale et des augmentations d’impôts sont également signalées.
Sur le plan géopolitique, la Russie a échoué à atteindre son objectif initial de limiter l’expansion de l’OTAN. L’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’alliance atlantique a doublé la frontière entre la Russie et les pays membres de l’OTAN. De plus, l’influence du Kremlin a diminué, comme en témoignent les difficultés rencontrées pour soutenir ses alliés, notamment en Syrie et au Venezuela.
En conclusion, après quatre ans de conflit, l’Ukraine a subi des pertes considérables, mais la Russie semble également s’épuiser, tant sur le plan militaire qu’économique et politique.