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Le rapport énergétique: la flotte de l’ombre connaît

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Le pétrole, une matière première au cœur de tensions géopolitiques et de spéculations économiques, se retrouve au centre de plusieurs dynamiques complexes. Entre les sanctions américaines potentielles visant la flotte pétrolière russe et la reprise attendue des exportations irakiennes, le marché est en effervescence.

Les États-Unis envisagent de nouvelles sanctions contre la Russie, ciblant directement sa « flotte de l’ombre », ce convoi de vieux pétroliers utilisé pour contourner les restrictions existantes et financer le conflit en Ukraine. Le président Trump a fixé un ultimatum : un cessez-le-feu en Ukraine d’ici vendredi, sous peine de sanctions sévères. Ces mesures, si elles sont mises en œuvre, pourraient dissuader les armateurs de transporter du pétrole russe, sous peine de voir leurs navires saisis ou leurs actifs gelés par le gouvernement américain. Rappelons que des sanctions antérieures avaient déjà réduit la taille de cette flotte de 49 %.

Parallèlement, l’Union européenne semble s’être tiré une balle dans le pied avec son mécanisme de plafonnement des prix du pétrole russe. Initialement conçu pour affaiblir l’économie russe, il aurait plutôt pénalisé les propres compagnies maritimes européennes en les empêchant de transporter du pétrole sous le plafond vers des pays tiers. Ce système, abaissé récemment de 60 à 47 dollars, semble inefficace, voire contre-productif.

Un autre point d’attention concerne le pétrole irakien. Le pipeline Kirkuk-Ceyhan, fermé depuis mars 2023 suite à un différend international concernant les exportations non autorisées par Bagdad, pourrait enfin connaître une reprise. Après deux ans de négociations tendues impliquant le gouvernement irakien, le gouvernement régional du Kurdistan et les compagnies pétrolières, un accord aurait été trouvé. Cependant, des questions subsistent, notamment concernant les dettes impayées et la fin prévue de l’accord de pipeline avec la Turquie en 2026. Les exportations ne devraient pas reprendre dans l’immédiat, selon Reuters.

Au-delà des tensions actuelles, le regard se tourne vers la demande future de pétrole. Si le marché a été préoccupé par un potentiel ralentissement de la production américaine, des voix s’élèvent pour prédire une forte croissance de la demande. Saudi Aramco, par la voix de son PDG Amin Nasser, anticipe une augmentation de la demande de plus de deux millions de barils par jour au second semestre de 2025 par rapport à la première moitié de l’année. Cette projection intervient alors que Saudi Aramco a vu ses revenus baisser d’une année sur l’autre, principalement en raison de la baisse des prix du brut.

Les analystes de Rystad Energy évoquent un déficit structurel à long terme, estimant qu’un manque de découvertes majeures pourrait entraîner un déficit de 18 millions de barils par jour d’ici 2040. Ce scénario est soutenu par la demande croissante d’énergie pour les centres de données, alimentée par le boom de l’intelligence artificielle. Aux États-Unis, la demande d’énergie des centres de données pourrait doubler d’ici 2028 pour représenter 12 % de la production électrique du pays. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a souligné que le pays ajoutait 1,3 gigawatts de nouvelle capacité électrique pour soutenir cette « prochaine poussée industrielle de l’Amérique ».

Enfin, le gaz naturel, bien que présentant des perspectives positives à long terme, peine à dépasser le seuil des 3 dollars, stagnant à un niveau bas. Malgré une offre qui semble adéquate pour l’hiver, l’attention se porte sur la trajectoire de la tempête tropicale Dexter et d’une zone de temps perturbé au large de la côte sud-est des États-Unis, qui pourrait potentiellement affecter la demande.

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