Les prix du pétrole repartent à la hausse après une journée de fortes baisses, alimentées par des tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient et l’impasse des négociations de paix en Ukraine. Les craintes d’un conflit impliquant les États-Unis et l’Iran, ainsi que les incertitudes concernant l’approvisionnement mondial, soutiennent les cours.
La volte-face du marché s’explique notamment par les déclarations du vice-président américain JD Vance, qui a affirmé que l’Iran n’était pas disposé à respecter les « lignes rouges » fixées par l’administration Trump concernant son programme nucléaire. Cette position, couplée à un rapport d’Axios évoquant un risque accru de guerre entre les États-Unis et l’Iran, a freiné l’optimisme suscité par les récentes discussions diplomatiques.
Axios estime que la région se dirige vers une confrontation majeure, plus importante que ce que l’on perçoit généralement. Cette inquiétude coïncide avec des exercices militaires conjoints entre l’Iran et la Russie dans le golfe d’Oman et le nord de l’océan Indien, une démonstration de force qui ne contribue pas à apaiser les tensions.
Par ailleurs, les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine semblent au point mort. Une réunion à Genève s’est achevée prématurément, après seulement deux heures de discussions, le président Zelensky dénonçant l’obstruction de Moscou. « Les négociations se sont avérées difficiles », a-t-il déclaré.
Selon Axios, une éventuelle intervention militaire américano-israélienne contre l’Iran serait d’une ampleur bien supérieure à celle de 2023, visant à détruire les installations nucléaires iraniennes. Une telle opération aurait des conséquences majeures pour l’ensemble de la région et pour les trois dernières années de la présidence Trump, selon la même source. Le sujet suscite peu de débat public, l’attention du Congrès et de l’opinion publique étant détournée par d’autres priorités.
Un facteur atténuant la pression sur les prix du pétrole est l’augmentation des importations de pétrole vénézuélien. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a annoncé que les ventes de pétrole vénézuélien ont déjà dépassé 1 milliard de dollars américains (environ 920 millions d’euros) et devraient atteindre 10 milliards de dollars par an, une situation bénéfique pour le Venezuela et la politique énergétique de l’administration Trump.
En parallèle, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) constate une aggravation des « divisions mondiales sur la politique énergétique ». Son directeur exécutif, Fatih Birol, a souligné que la fragmentation de l’ordre mondial entraînait des divergences profondes sur les approches énergétiques, reléguant le changement climatique au second plan.
« Les pays se divisent dans des directions différentes en ce qui concerne les priorités énergétiques », a-t-il expliqué. D’un côté, les pays importateurs de carburant privilégient les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, tandis que d’autres cherchent à garantir leur approvisionnement en combustibles fossiles. L’AIE est soumise à des pressions de la part de l’administration américaine pour recentrer ses activités sur la sécurité énergétique, sous peine de voir son financement réduit ou supprimé.
Bien que les énergies propres continuent de progresser, M. Birol observe un retour en arrière politique et des approches divergentes. Les États-Unis ont notamment abrogé certaines réglementations climatiques, creusant le fossé avec les économies avancées et les marchés émergents. Ces divisions pourraient freiner les efforts mondiaux en matière de transition énergétique, d’abordabilité et de sécurité, d’autant plus que la demande énergétique augmente, notamment en raison de l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données.
L’AIE est critiquée pour ses prévisions erronées et son approche jugée inefficace en matière de réduction des émissions de carbone. Certains estiment que son véritable objectif est de favoriser les transferts financiers des pays riches vers les pays pauvres, leur permettant de continuer à polluer. L’agence avait notamment déconseillé d’investir dans les combustibles fossiles il y a quelques années, une recommandation qui aurait eu des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
Sur le marché du gaz naturel, les prix sont en baisse en raison de la douceur du printemps et de la diminution de la demande de chauffage. Les producteurs américains continuent d’augmenter leur production à des niveaux records, notamment dans les régions de Marcellus, Haynesville et le bassin Permien, ce qui pourrait entraîner une surabondance de gaz naturel. EBW Analytics prévoit une accumulation croissante des stocks, qui pourraient dépasser de 200 milliards de pieds cubes (environ 5,6 milliards de mètres cubes) la moyenne habituelle d’ici début juin.
À court terme, une vague de froid et le démarrage d’une usine de liquéfaction du gaz pourraient soutenir les prix. Cependant, la tendance générale reste baissière.