Home Sciences et technologies Le régime poursuit Garmin. Lui reprocher la violation des accords et des droits de brevet

Le régime poursuit Garmin. Lui reprocher la violation des accords et des droits de brevet

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Publié le 2025-10-10 16:15:00. La plateforme sportive Strava accuse son partenaire historique Garmin de contrefaçon de brevets et réclame l’arrêt de la commercialisation de nombreux appareils du fabricant d’électronique. Un litige qui pourrait perturber des millions d’utilisateurs.

  • Strava poursuit Garmin en justice pour violation présumée de plusieurs brevets liés à ses fonctionnalités phares comme les « segments » et les « cartes de chaleur ».
  • La société réclame l’interdiction de vente de la plupart des appareils Garmin et de l’utilisation de la plateforme Garmin Connect.
  • Les utilisateurs craignent des interruptions de synchronisation de leurs données sportives à l’approche d’événements majeurs comme des marathons.

La guerre est déclarée entre deux géants du monde du fitness connecté. Strava, application sociale populaire où les sportifs partagent leurs performances, attaque en justice Garmin, leader de l’électronique sportive. L’objet du litige : des brevets jugés essentiels par Strava, portant sur des fonctionnalités clés développées par l’entreprise et intégrées, selon elle, sans autorisation par Garmin dans ses appareils et sa plateforme Garmin Connect.

Au cœur de la discorde se trouvent les fameux « segments » de Strava. Ces portions de parcours permettent aux athlètes de comparer leurs temps sur un tronçon précis. Strava détient un brevet sur cette technologie, déposé en 2011 et accordé en 2015. Or, dès 2013, Garmin lançait son propre système de segments intégré à Garmin Connect, avant même l’obtention officielle du brevet par Strava. Un accord de coopération avait bien été signé en 2015, permettant l’intégration des « Live Segments » de Strava sur les appareils Garmin. Mais Strava accuse Garmin d’avoir abusé de ce partenariat pour étudier, copier et ensuite implémenter sa propre technologie de segments.

Le litige ne s’arrête pas là. Strava allègue également que deux autres de ses brevets, concernant respectivement l’affichage des données d’activité sous forme de « cartes de chaleur » (HeatMap) et la génération d’itinéraires basés sur leur popularité, ont été violés par Garmin. Ces brevets ont été déposés en 2014 et 2016 et accordés en 2016 et 2017. Le site spécialisé DC Rainmaker rappelle cependant que Garmin proposait déjà des cartes de chaleur dès 2013, soit avant le dépôt de ces brevets.

Au-delà des aspects techniques, Strava cherche à interdire la vente de la majorité des appareils Garmin, incluant des modèles phares comme les montres des séries Forerunner, Fenix et Epix, ainsi que les cyclocompteurs Edge. La société estime qu’une simple compensation financière ne suffirait pas à réparer le préjudice subi, affirmant que Garmin a exploité sa licence limitée pour développer ses propres fonctions concurrentes.

Cette situation crée une forte inquiétude parmi les utilisateurs. L’application Strava, qui compte 150 millions d’utilisateurs dans plus de 185 pays, est largement utilisée pour enregistrer et analyser les performances sportives, allant de la course à pied au ski, en passant par le cyclisme et le Pilates. De nombreux sportifs synchronisent leurs données issues d’appareils Garmin avec Strava. L’échéance du 1er novembre, fixée par Garmin pour l’application d’une nouvelle règle exigeant l’affichage de son logo, pourrait entraîner une rupture de synchronisation, compromettant la sauvegarde des données sportives, notamment à l’approche d’événements majeurs comme le marathon de New York ou de Chicago prévus en novembre.

En réponse à ces nouvelles exigences de marquage, Matt Salazar, directeur produit chez Strava, a exprimé sur le réseau social Reddit sa consternation, qualifiant ces règles de « publicité déguisée » et dénonçant une détérioration de l’expérience utilisateur. Il a ajouté que Garmin n’avait intenté son action en justice qu’après la notification de ces conditions.

Garmin, dont le cours de l’action a connu une hausse de plus de 50% sur l’année écoulée avec un chiffre d’affaires de 1,81 milliard de dollars au deuxième trimestre 2025, n’a pas encore réagi officiellement à cette nouvelle étape du conflit. Strava, quant à elle, assure ne pas souhaiter une rupture complète de la collaboration : « Nous ne voulons prendre aucune mesure qui empêcherait les utilisateurs de Garmin de synchroniser leurs données sur Strava. Nous espérons que Garmin traitera nos utilisateurs communs avec le même respect », a déclaré un porte-parole de l’entreprise.

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