Publié le 7 février 2026 à 03h18. Une rencontre discrète impliquant l’ancien ministre colombien des Affaires étrangères, Luis Gilberto Murillo, a joué un rôle clé dans la réduction des tensions entre les États-Unis et la Colombie, ouvrant la voie à un dialogue constructif entre les présidents Gustavo Petro et Donald Trump.
- L’ancien ministre des Affaires étrangères Luis Gilberto Murillo a facilité une rencontre entre le pasteur Ramiro Peña, conseiller spirituel de Donald Trump, et les représentants colombiens avant la réunion officielle entre Petro et Trump.
- Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une diplomatie discrète menée depuis octobre 2025, visant à rétablir le dialogue entre les deux pays.
- Les discussions ont porté sur des points de divergence importants, notamment la lutte contre le trafic de drogue, mais ont permis d’identifier des terrains d’entente potentiels.
Une diplomatie en coulisses a permis d’aplanir les tensions entre Washington et Bogotá, culminant avec une rencontre à la Maison Blanche le 3 février 2026. L’ancien chancelier colombien, Luis Gilberto Murillo, s’est avéré être un acteur essentiel dans ce processus de rapprochement, en tissant des liens avec des personnalités influentes proches du président américain Donald Trump.
Selon des informations provenant de l’équipe de campagne de M. Murillo, celui-ci a rencontré, dans la nuit du 2 février, le pasteur Ramiro Peña, figure spirituelle influente auprès de Donald Trump. Le président colombien Gustavo Petro et l’ambassadeur de Colombie aux États-Unis, Daniel García-Peña Jaramillo, étaient également présents à cette réunion préparatoire qui a duré quatre heures. L’objectif était de préparer le terrain pour les discussions formelles prévues le lendemain.
Cette rencontre faisait suite à un premier échange téléphonique entre les deux présidents le 9 janvier, et M. Murillo a joué un rôle déterminant pour que cette conversation ait lieu. Il a ensuite mis en place une stratégie de diplomatie discrète, ciblant des acteurs clés de l’establishment américain. « Cela a commencé par une diplomatie silencieuse depuis octobre de l’année dernière, contactant des églises, des hommes d’affaires et des membres du Congrès proches du président des États-Unis », a précisé l’ancien ministre, cité dans un communiqué.
Le point culminant de cette approche s’est produit lorsque le pasteur Peña a offert une Bible personnalisée au président Petro, accompagnée d’une prière, lors d’une rencontre informelle la veille du sommet officiel. Quelques jours plus tard, le chef de l’État colombien a rencontré M. Murillo pour faire le point sur les résultats de sa rencontre avec son homologue américain.
Lors d’une conférence de presse, le président Petro a souligné que les discussions avec Donald Trump avaient été constructives, permettant d’aborder des questions cruciales pour les deux pays, telles que la lutte contre le trafic de drogue. Il a reconnu l’existence de divergences sur les approches à adopter, mais a insisté sur la possibilité de trouver des points communs.
« J’ai senti une confusion autour de la réalité qui se produit, par exemple, dans des problèmes comme le trafic de drogue, comme l’énergie, des lignes différentes, sans doute, de voir le problème, certains agressifs, d’autres, plus probablement constructibles ensemble ; Nous nous accrochons à cela : qu’aujourd’hui ce qui nous sépare nous rapproche (…). Nous sommes peut-être très différents sur le plan civilisationnel, historiquement parlant, mais ce qui nous rassemble, c’est la liberté. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
L’ancien ministre Murillo a affirmé que la rencontre avait été fructueuse et que les États-Unis étaient disposés à collaborer avec l’administration colombienne, quel que soit le résultat des élections. Il a également suggéré que le président Trump semblait plus ouvert à certaines propositions de Petro concernant la politique antidrogue, notamment le remplacement des cultures illicites par des alternatives légales, avec l’accord des agriculteurs.
« Les États-Unis ont changé d’orientation en écoutant la Colombie et en engageant un dialogue », a déclaré M. Murillo lors d’une interview avec le journaliste Luis Carlos Vélez sur son podcast Vélez le matin.