Londres a refusé aux États-Unis l’autorisation d’utiliser ses bases militaires, notamment celle de Diego Garcia, pour lancer d’éventuelles frappes aériennes contre l’Iran, révélant une tension diplomatique croissante et un revirement inattendu de Donald Trump concernant l’avenir des îles Chagos.
Selon des informations publiées par le Times, l’administration américaine souhaitait utiliser la base de Diego Garcia, ainsi que la RAF Fairford dans le Gloucestershire, pour une opération militaire potentielle contre Téhéran. Cependant, le gouvernement britannique a bloqué cette demande, invoquant des considérations de droit international.
Cette décision a eu des répercussions immédiates sur un accord négocié par Sir Keir Starmer pour céder les îles Chagos, dont Diego Garcia, à Maurice. Donald Trump a retiré son soutien à cet accord, affirmant implicitement que l’accès à ces bases militaires était un facteur déterminant.
« Si l’Iran décide de ne pas conclure d’accord, il pourrait être nécessaire que les États-Unis utilisent Diego Garcia et l’aérodrome situé à Fairford pour éradiquer une attaque potentielle d’un régime très instable et dangereux », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social. Il a également suggéré que le Royaume-Uni pourrait être lui-même menacé et devrait donc autoriser ces déploiements.
Le Pentagone, en vertu d’accords bilatéraux de longue date, nécessite l’approbation préalable du gouvernement britannique pour lancer des opérations militaires à partir de bases britanniques, y compris celles qui accueillent du personnel et des avions américains.
À ce stade, aucune frappe contre l’Iran n’a été décidée, mais les tensions restent vives. Donald Trump a déclaré jeudi que le monde saurait « dans les dix prochains jours, probablement » si un accord avec l’Iran serait conclu ou si une action militaire serait envisagée. Il a renforcé la présence militaire américaine au Moyen-Orient, notamment en déployant deux porte-avions et des navires de guerre.
Le Premier ministre britannique s’est entretenu avec Donald Trump mardi soir, abordant la crise iranienne, mais pas la question des îles Chagos. Le lendemain, le président américain a relancé ses critiques à l’égard de Sir Keir Starmer concernant l’accord sur les îles Chagos, malgré le soutien exprimé par son propre département d’État à la décision britannique de céder le territoire à Maurice et de relouer Diego Garcia.
En réponse à la situation, la Royal Air Force a déployé six avions de chasse F-35 à la base d’Akrotiri à Chypre et quatre avions Typhoon au Qatar, dans le cadre d’un renforcement de ses propres défenses en prévision d’une éventuelle riposte iranienne.
Le gouvernement britannique a défendu à plusieurs reprises sa décision de céder les îles Chagos à Maurice, arguant que cela permettrait d’éviter un long et coûteux litige tout en garantissant l’accès à Diego Garcia pour une période de 100 ans.