Face à une pénurie croissante de médecins généralistes, le Service national de santé britannique (NHS) explore une solution inédite : recruter des praticiens à l’étranger pour des consultations en ligne, leur permettant même d’exercer depuis l’étranger, potentiellement depuis une plage.
La situation est alarmante. Le nombre de médecins de premier recours a diminué de près de 14 % en moins de dix ans, passant d’environ 50,2 médecins pour 100 000 patients en septembre 2015 à 43,3 en décembre 2024. Ce déclin s’explique en partie par le nombre de médecins travaillant à temps partiel : fin 2025, on comptait environ 39 918 médecins généralistes en exercice en Angleterre, mais l’équivalent de seulement 28 777 postes à temps plein. Une étude publiée dans le BMJ en 2025 révèle qu’environ un médecin généraliste sur trois ne travaille plus au sein du NHS.
Pour pallier ce manque de personnel, le NHS propose désormais des contrats de travail flexibles. Selon le Telegraph, les médecins qualifiés et inscrits, même résidant à l’étranger, peuvent postuler. Le recrutement cible en priorité les pays dont les systèmes de santé et les formations sont comparables au Royaume-Uni, tels que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et d’autres États du Commonwealth, ainsi que les professionnels britanniques ayant choisi de s’installer à l’étranger.
Les défenseurs de cette initiative, au sein du gouvernement et de la direction du NHS, la présentent comme une solution pragmatique pour augmenter rapidement l’offre de soins primaires, sans attendre la formation de nouveaux médecins. Elle permettrait également de mobiliser un vivier de professionnels déjà formés et inscrits, mais qui travaillent actuellement hors du Royaume-Uni.
Cependant, l’Association médicale britannique (AMB) critique cette approche. Elle estime que les efforts devraient se concentrer sur l’amélioration des conditions de travail et la mise en place d’incitations pour retenir les médecins en exercice, plutôt que de délocaliser les consultations. « Il est essentiel de s’attaquer aux causes profondes de la pénurie, et non de chercher des solutions de contournement », a déclaré un porte-parole de l’AMB.