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– Le Saut – Édition Générale

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Publié le 2025-10-20 11:12:00. Un drame est survenu mardi dernier à Séville où une adolescente de 14 ans a mis fin à ses jours. La famille dénonce un harcèlement scolaire persistant et l’inaction de l’établissement face à la détresse de la jeune fille, Sandra.

  • Une jeune sévillane de 14 ans s’est suicidée, victime présumée de harcèlement scolaire durant au moins deux ans.
  • La famille dénonce l’inefficacité des mesures prises par l’établissement et le manque de protocole adapté face à cette situation qualifiée de « conflit entre égaux ».
  • La décision de Google de désactiver les avis sur les établissements scolaires est critiquée comme un moyen d’étouffer la voix des victimes.

Le tragique événement s’est déroulé mardi dernier lorsque Sandra, une Sévillane de 14 ans, a sauté du toit de son immeuble. Selon sa famille, ce geste désespéré serait la conséquence de près de deux années de harcèlement scolaire au sein de son établissement, le collège Las Irlandesas de Loreto. Les parents ont déclaré qu’ils allaient engager des actions légales contre l’école pour inaction face à cette situation. La réponse de l’établissement, qui se serait limitée à changer la jeune fille de classe et celle de ses bourreaux, s’est avérée insuffisante. Sandra continuait en effet de croiser ses harceleurs dans les cours, les couloirs et les salles de bain, des « angles morts » où les agresseurs peuvent agir impunément, parfois même sous le regard des enseignants.

La famille dénonce également que l’établissement n’a jamais activé de protocole de lutte contre le harcèlement, considérant la situation comme un simple « conflit entre pairs » et non comme une situation d’intimidation caractérisée par un déséquilibre des pouvoirs, une répétition des faits et une intention de nuire. Cette attitude semble se confirmer par des avis d’internautes laissés sur la plateforme Google avant que ceux-ci ne soient désactivés. Certains témoignages antérieurs à la tragédie de Sandra faisaient déjà état de l’absence de protocoles et de la passivité de l’établissement face aux signalements de harcèlement.

« Google a désactivé les avis sur les écoles et instituts du monde entier. Nous pensons qu’il s’agit d’une grave erreur, qui perpétue la dynamique établie dans la société qui consiste à tenter de faire taire les victimes d’intimidation. »

La plateforme Google a récemment supprimé la possibilité de laisser des avis sur les écoles et universités à travers le monde, une décision vivement critiquée par les associations de lutte contre le harcèlement. Ces avis, considérés comme un « témoignage vivant » de la réalité des établissements, servaient d’outil précieux pour les familles dans leur choix d’orientation et pour les victimes désireuses de signaler des faits. La désactivation de cette fonctionnalité est perçue comme une entrave à la visibilité des problèmes et une perpétuation de la culture du silence autour du harcèlement.

La famille de Sandra a diffusé des photos et vidéos de la jeune fille, lançant un appel à ne pas l’oublier. L’activisme contre le harcèlement scolaire estime que la mort de Sandra était évitable et appelle à un changement systémique pour que davantage d’enfants ne soient pas victimes de « l’impassibilité du système ».

« Nous demandons depuis des années la modification et l’adaptation des protocoles, la formation et la sensibilisation des enseignants, la baisse des ratios, des moyens et de vrais outils pour les centres éducatifs. »

Malgré la création de la loi organique 8/2021 sur la protection intégrale des enfants et des adolescents contre la violence (LOPIVI), qui impose la nomination d’un coordinateur de bien-être et de protection, la situation reste précaire. Ce coordinateur, souvent un enseignant déjà surchargé, dispose des mêmes ressources limitées que l’établissement, se retrouvant dépassé face à la multitude de problèmes à traiter. La plateforme Suspens au racisme milite depuis 2019 pour que des condamnations comme celle de Camila, victime de harcèlement raciste dans un établissement de Madrid, servent d’exemple pour réformer un système jugé inefficace.

La Commission européenne, interrogée sur la nécessité d’une intervention urgente pour protéger les mineurs en Espagne, a rappelé que la responsabilité de l’organisation des systèmes éducatifs incombe aux États membres. Cependant, les faits récents, comme le suicide de Sandra, soulignent que ces obligations ne sont pas toujours respectées et que les victimes de harcèlement ne sont pas suffisamment protégées.

« Personne ne protège les victimes d’intimidation. C’est la société civile qui arrive là où l’administration n’atteint pas »

Des associations comme l’Association madrilène contre le harcèlement scolaire (AMACAE) pallient les manques de l’administration en apportant un soutien psychologique aux victimes et à leurs familles. Face à ces drames répétés, la question se pose : combien de condamnations supplémentaires seront nécessaires pour que les systèmes éducatifs prennent enfin au sérieux la lutte contre le harcèlement ? Le suicide d’enfants comme Sandra, Lucía, Alana, Zulima, Kira, Diego, Arancha, Ainara, Álvaro, Alan, Jokin et bien d’autres, ne peut plus être considéré comme une fatalité ou un problème lointain. Il est urgent que le système, censé les protéger, assume pleinement ses responsabilités.

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