Home Économie Le scénario complexe auquel est confrontée la première ligne renouvelée de la Sodimac

Le scénario complexe auquel est confrontée la première ligne renouvelée de la Sodimac

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Publié le 2025-11-08 08:00:00. En l’espace d’une semaine, Sodimac, la filiale la plus rentable du groupe Falabella, a vu partir trois de ses hauts dirigeants, soulevant des questions sur les performances de l’entreprise dans un contexte économique tendu.

  • Deux départs majeurs : Eduardo Mizón (directeur général de Sodimac Chili) et Eduardo de Vries (responsable des opérations au Brésil et au Mexique) quittent le groupe.
  • Des remplacements rapides : Sebastián Simonetti prend la tête de Sodimac Chili et Fabio de Petris celle du Mexique, Matías Pizarro devenant quant à lui directeur financier du groupe.
  • Des ajustements stratégiques : Ces mouvements interviennent alors que Sodimac peine à se relever des difficultés post-pandémie, contrairement aux autres branches du groupe.

Un remaniement à la tête de Sodimac

Le Groupe Falabella a opéré des changements significatifs au sein de sa direction exécutive la semaine dernière. La filiale Sodimac, qui génère une part substantielle du chiffre d’affaires et de l’Ebitda du groupe – respectivement 40% et 23% – a vu trois postes clés être pourvus par de nouvelles têtes.

Eduardo Mizón, après plus de trente ans de service, a démissionné de son poste de directeur général de Sodimac Chili. Dans la foulée, Eduardo de Vries, en charge des opérations au Brésil et au Mexique, a également quitté l’entreprise.

Ces départs ont été rapidement suivis par la nomination de leurs successeurs. Dès janvier prochain, Sebastián Simonetti, actuel directeur général de Tottus Chili, prendra la relève à la tête de Sodimac Chili. Au Mexique, Fabio de Petris, auparavant directeur financier régional de Sodimac, dirigera les opérations. Ce dernier mouvement a entraîné la nomination de Matías Pizarro, anciennement directeur de la stratégie et du développement du groupe Falabella, au poste de directeur financier de Sodimac.

Des ajustements motivés par des performances en berne

Ces changements de personnel interviennent dans un contexte où Sodimac fait face à des défis majeurs. Contrairement aux autres filiales du groupe, telles que les services bancaires, Mallplaza, ou le commerce de détail (Tottus), Sodimac n’a pas encore retrouvé sa dynamique d’avant la pandémie.

L’entreprise attribue officiellement ces départs à une « décision personnelle des deux directeurs généraux de clôturer un cycle et de se consacrer à de nouveaux défis professionnels et personnels ». Néanmoins, des sources internes font état d’une certaine surprise au sein du conseil d’administration face à ces démissions.

Ces ajustements coïncident avec une période critique pour Sodimac, seule activité du groupe à ne pas avoir encore pleinement rebondi après les perturbations sanitaires qui ont affecté sa valorisation. « La banque se porte bien, Mallplaza va bien, le grand magasin va bien, Tottus rebondit, mais Sodimac est à la traîne », confie un cadre du groupe sous couvert d’anonymat.

Une étape difficile pour Sodimac

Deux décennies après son rachat par le Grupo Falabella à la famille Del Río, Sodimac, spécialisée dans l’amélioration de l’habitat, traverse l’une de ses périodes les plus compliquées. Le contexte macroéconomique difficile et les déséquilibres hérités de la pandémie pèsent sur ses résultats.

L’explication avancée par des initiés réside dans un changement de comportement des consommateurs : « Pendant la pandémie, les clients ont renouvelé tout ce qu’ils avaient à renouveler. Maintenant, il y a moins de besoins en réparations de maison ou en changement d’appareils électroménagers. Et d’autre part, l’entreprise est fortement liée au processus de construction, et comme il n’y a pas de nouveaux projets, c’est comme si la tempête parfaite s’était formée ».

La différence est saisissante : alors que Sodimac Chili enregistrait un bénéfice record de 228,951 millions de dollars en 2021, l’entreprise a affiché une perte de 44,529 millions de dollars en 2023.

Malgré d’importants efforts de réduction des coûts ces dernières années, la valorisation de Sodimac dépend désormais davantage de son environnement que de gains d’efficacité. « Si vous continuez à faire des gains d’efficacité, vous commencez à couper dans le vif : vous réduisez le nombre de vendeurs, le service se détériore, le client est mécontent et à la fin, vous entrez dans un cercle vicieux. Comme vous avez moins de vendeurs, vous vendez moins », explique un responsable du groupe.

La concurrence asiatique représente également une préoccupation croissante, notamment pour le segment B2B, suite à des acquisitions récentes comme celle de Construmar par Oriental Yuhong.

Le principal défi pour Sebastián Simonetti au Chili sera de consolider l’entreprise et de maintenir sa position de leader. Son expérience dans la transformation de Tottus, axée sur l’innovation, l’efficacité opérationnelle et l’expérience omnicanale, est particulièrement appréciée.

Malgré ces difficultés, des signes positifs émergent : Sodimac a retrouvé sa rentabilité au niveau local et ses revenus régionaux ont progressé de 7% cette année.

Le Mexique, un pari risqué

Le nouveau directeur général désigné pour le Mexique, Fabio de Petris, aura pour mission de relancer le plan d’expansion dans ce pays, qui avait été annoncé lors du dernier Investor Day du Groupe Falabella avec un investissement de 650 millions de dollars.

Sur les 15 nouveaux magasins prévus au total, quatre devaient ouvrir au Mexique. Cependant, le développement dans ce pays a été inexistant jusqu’à présent, Sodimac y opérant avec le même nombre de points de vente qu’il y a un an. « Au Mexique, le processus a progressé plus lentement que prévu, car nous recherchons les meilleurs emplacements avec notre partenaire Soriana », a précisé l’entreprise à Signal DF.

Malgré ces retards, le groupe maintient son intérêt pour le marché mexicain, considéré comme une zone d’opportunités majeures avec un potentiel de croissance significatif pour le commerce formel et les services financiers. « La participation au Mexique joue un rôle clé : c’est un marché qui a à peu près la taille du Chili, du Pérou et de la Colombie réunis, et où le commerce formel et les services bancaires ont encore une grande marge de croissance », souligne Sodimac.

Bien que Fabio de Petris provienne du secteur financier, il est reconnu pour sa connaissance approfondie du secteur. Il est attendu qu’il puisse insuffler un nouvel élan au projet mexicain.

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