Publié le 9 octobre 2025, 12h04 UTC. Une saison de plus s’achève dans la déception pour les Yankees de New York. Eliminés des séries éliminatoires par les Blue Jays de Toronto, les Bombardiers du Bronx voient leur parcours s’arrêter prématurément, une répétition amère des années précédentes sous la houlette d’Aaron Boone.
L’élimination des Yankees lors de l’ALDS face aux Blue Jays de Toronto, soldée par une défaite 5-2 mercredi, renvoie la franchise à ses obligations estivales. Cette issue, malheureusement familière, semble marquer une constance dans les échecs des Yankees en post-saison depuis l’arrivée d’Aaron Boone en décembre 2017. Si la saison régulière est souvent synonyme de succès pour l’équipe new-yorkaise, les séries éliminatoires se transforment régulièrement en désillusion.
Le point de rupture de cette série s’est matérialisé en septième manche, alors que Toronto menait 2-1. Un rebond malencontreux du gant du joueur d’arrêt-court des Yankees, Jazz Chisholm Jr., sur une balle qui aurait dû se transformer en double jeu, a ouvert la porte à un simple de deux points de Nathan Lukes. Cette erreur coûteuse n’est que le symptôme d’une série globalement dominée par les Blue Jays, qui ont surpassé les Yankees 34 à 19 en points et 50 à 34 en coups sûrs.
Les performances des lanceurs partants des Yankees lors des trois premières rencontres ont été particulièrement décevantes, affichant une moyenne de points mérités combinée supérieure à 16. Pendant ce temps, le jeune lanceur des Blue Jays, Trey Yesavage, novice en séries éliminatoires, a brillé, lançant 5,1 manches sans concéder de point, avec 11 retraits au bâton. Le contraste était saisissant, les Yankees étant menés 11-0 après quatre manches du deuxième match, avec moins de balles en jeu que les Blue Jays de circuits.
Seule une performance héroïque d’Aaron Judge, auteur d’un 9 sur 15 avec un circuit et six points produits lors du troisième match, a permis d’éviter un balayage. Cependant, les autres cogneurs majeurs des Yankees ont été largement muselés. Giancarlo Stanton, Cody Bellinger, Ben Rice, Jazz Chisholm Jr. et Trent Grisham n’ont pas réussi à élever leur niveau de jeu face à la pression des séries éliminatoires.
« C’est difficile de gagner la Série mondiale. Je l’ai cherchée toute ma vie. »
Aaron Boone, manager des Yankees
Les critiques envers la gestion d’Aaron Boone se multiplient, soulignant des décisions tactiques questionnables lors des moments cruciaux. Depuis 2018, les Yankees affichent un bilan de 25 victoires pour 27 défaites en séries éliminatoires, et particulièrement 10-23 contre des adversaires hors de l’AL Central. Son curriculum vitae est émaillé d’erreurs de gestion mémorables :
- En 2018, il a laissé le lanceur Luis Severino poursuivre la quatrième manche de l’ALDS contre les Red Sox après une première manche difficile, conduisant à une manche de sept points.
- En 2019, il a substitué le releveur Chad Green par Adam Ottavino en ALCS, alors que Green était en pleine forme, permettant à George Springer de frapper un circuit dès le premier lancer d’Ottavino.
- En 2020, une stratégie audacieuse impliquant le jeune lanceur Deivi Garcia suivi du vétéran JA Happ en ALDS a échoué de manière spectaculaire.
- En 2022, il a choisi Clarke Schmidt au lieu du stoppeur Clay Holmes pour préserver une avance en neuvième manche de l’ALDS, entraînant une défaite.
- Lors des World Series 2024, il a fait appel à Nestor Cortes Jr., revenant de blessure, pour affronter le cœur de l’alignement adverse, permettant un grand chelem.
- En 2025, l’utilisation du releveur Luke Weaver, en difficulté en fin de saison, après avoir retiré Max Fried en septième manche d’un match crucial, a également été critiquée.
Ces décisions suggèrent une tendance à suivre aveuglément les directives analytiques du directeur général Brian Cashman, plutôt qu’à s’adapter aux réalités du jeu en temps réel. Des personnalités médiatiques comme Michael Kay ont publiquement critiqué cette approche, la qualifiant de gestion « préemballée ». D’anciens joueurs, tels que Clint Frazier, ont également exprimé leurs doutes sur cette méthode, évoquant un manque de flexibilité et d’utilisation du jugement visuel.
Bien que Brian Cashman soit également ciblé par les critiques des fans, c’est Aaron Boone qui porte la responsabilité directe des décisions sur le terrain. Sa gestion, perçue comme trop protectrice par certains, est également critiquée pour un manque apparent de responsabilisation au sein de l’équipe.
L’une des ironies de la situation réside dans le fait qu’Aaron Boone a été initialement engagé pour sa capacité à créer des liens avec les joueurs, en remplacement de Joe Girardi, dont les relations avec certaines stars avaient été tendues. Boone, censé être un antidote à cette dynamique, a pourtant eu du mal à insuffler l’étincelle nécessaire dans les moments cruciaux. Si d’un côté il évite de critiquer publiquement ses joueurs, de l’autre, ses choix tactiques répétés, souvent en dépit des préférences des joueurs, ont conduit à des échecs répétés.
Alors que la fenêtre de compétitivité se referme pour les vétérans de l’équipe, comme Aaron Judge et Gerrit Cole (qui se remet d’une opération), la question de l’avenir d’Aaron Boone et de la stratégie globale de la franchise se pose avec acuité. Les Yankees opteront-ils pour une neuvième saison sous sa direction, acceptant une nouvelle fois un parcours régulier solide mais une sortie prévisible en séries éliminatoires ? Ou chercheront-ils un changement radical pour redresser le cap avant que le noyau vieillissant ne manque sa chance de remporter une Série mondiale ? L’avenir de Brian Cashman et sa capacité à travailler avec un manager plus indépendant seront également des points déterminants.