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Le Sénat adopte une résolution contre les diplomates chinois, mais pas de Persona Non Grata

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Publié le 9 février 2024 à 23h46. Après des semaines de blocage au Sénat philippin, une résolution condamnant les propos hostiles de diplomates chinois envers des responsables philippins a finalement été adoptée, bien que sans aller jusqu’à l’expulsion de ces derniers.

  • Le Sénat philippin a adopté une résolution condamnant les déclarations offensantes de diplomates chinois à l’égard de responsables philippins défendant la souveraineté et les droits maritimes du pays.
  • La résolution ne prévoit pas l’expulsion des diplomates chinois concernés, malgré les appels en ce sens.
  • Un débat animé a eu lieu au Sénat, notamment sur la pertinence d’une caricature du président chinois Xi Jinping utilisée par un porte-parole de la Garde côtière philippine.

Le Sénat philippin a mis fin à une impasse de deux semaines en adoptant lundi la résolution n° 256, qui réagit aux propos jugés insultants tenus par des diplomates chinois. Cette résolution, adoptée à l’unanimité, condamne les attaques verbales visant les représentants du gouvernement philippin qui s’efforcent de faire valoir les droits du pays en mer des Philippines occidentales. Cependant, les appels à déclarer un porte-parole adjoint de l’ambassade de Chine persona non grata – ce qui entraînerait son expulsion des Philippines – n’ont pas abouti.

La résolution a été déposée par un groupe de sénateurs comprenant Francis Pangilinan, Vicente Sotto III, Panfilo Lacson, Juan Miguel Zubiri, Erwin Tulfo, Risa Hontiveros, Raffy Tulfo, Sherwin Gatchalian, Loren Legarda et Jinggoy Estrada. Elle a été approuvée « sous réserve de style », ce qui signifie que des corrections mineures de formulation pourront être apportées sans en modifier le fond.

L’adoption de la résolution a été précédée d’un débat houleux entre le sénateur Pangilinan, son promoteur, et Alan Peter Cayetano, chef de la minorité sénatoriale. La séance a même dû être suspendue à deux reprises en raison de l’intensité des échanges. Cayetano a notamment exprimé son désaccord avec l’utilisation d’une caricature du président chinois Xi Jinping par le commodore maritime Jay Tarriela, porte-parole de la Garde côtière philippine (PCG) pour les Philippines occidentales, lors d’une récente prise de parole. Il a estimé que cette action était diplomatiquement risquée et que la minorité sénatoriale ne pouvait soutenir la résolution dans ces conditions.

Pangilinan a rétorqué que la résolution ne visait pas directement Tarriela, mais plutôt les campagnes de désinformation menées par la Chine sur les réseaux sociaux contre les représentants du gouvernement philippin. Il a également souligné l’hypocrisie de la Chine, rappelant que les médias chinois contrôlés par l’État, comme Xinhua, publient régulièrement des caricatures du président Marcos.

Le débat s’est envenimé lorsque Pangilinan a interrogé Cayetano sur les raisons pour lesquelles il semblait défendre les actions de la Chine tout en critiquant un responsable philippin. « Pourquoi défendons-nous [la Chine] ? » a-t-il demandé, insistant sur le fait que toute attaque contre des responsables philippins, quelle que soit sa forme, est inacceptable.

Le sénateur Rodante Marcoleta s’était opposé avec véhémence à la résolution au cours des deux dernières semaines, ce qui avait conduit à plusieurs reports de son vote. Il a réaffirmé lundi qu’il n’avait jamais suggéré que les Philippines devraient abandonner le groupe des îles de Kalayaan (KIG). Il a même rejeté le défi de Tarriela de visiter les KIG, proposant à la place un « débat amical » avec des experts juridiques maritimes avant tout voyage.

Juan Miguel Zubiri, un autre sénateur, a fermement réprimandé toute suggestion de cession de territoire philippin, affirmant que les KIG font incontestablement partie du pays, conformément à la Constitution, à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) et à la décision arbitrale de 2016. Il a également cité deux lois récentes, la Loi sur les zones maritimes des Philippines (RA 12604) et la Loi sur les voies maritimes archipélagiques (RA 12065), qui renforcent la juridiction du pays dans la région.

Malacañang, la présidence philippine, a également souligné l’importance de la cohérence dans la revendication des droits territoriaux et maritimes du pays. La sous-secrétaire présidentielle aux communications, Claire Castro, a déclaré : « Ce que le président souhaite également, c’est que tout le monde, chaque Philippin, puisse faire savoir quels sont nos droits sur notre territoire et quels sont nos intérêts dans la mer occidentale des Philippines. » Elle a mis en garde contre les messages incohérents sur des questions sensibles, citant le proverbe : « Celui qui sème le vent récoltera la tempête. »

Les forces armées des Philippines (AFP) ont également critiqué la suggestion de Marcoleta. Le contre-amiral Roy Vincent Trinidad, porte-parole de l’AFP pour la mer des Philippines occidentales, a déclaré que le mandat constitutionnel de l’AFP est de protéger la souveraineté nationale et l’intégrité du territoire philippin. Le chef de la police nationale philippine, le général Jose Melencio Nartatez Jr., a quant à lui assuré la protection des habitants des KIG, en soulignant la coordination étroite avec l’AFP, la PCG et les autorités locales.

Le ministère des Affaires étrangères (MAE) a annoncé la nomination de Rogelio Villanueva Jr., ancien officier de la marine et de la garde côtière, au poste de porte-parole pour les affaires maritimes, afin d’assurer une réponse gouvernementale unifiée aux questions relatives à la mer des Philippines occidentales.

Dans une interview accordée à One News, Rommel Banlaoi, directeur du Centre d’études Philippines-Chine, a déclaré que, malgré quelques signes positifs, les relations bilatérales entre les Philippines et la Chine ont atteint leur point le plus bas sous l’administration Marcos, voire depuis l’administration Aquino. NOUVELLES EN CONTEXTE | Persona non grata Il a ajouté : « Il s’agit de l’une des pires relations avec la Chine sous diverses administrations. Les deux parties durcissent leurs positions. »

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