Publié le 2025-10-09 07:28:00. La désignation du Cartel des Soleils comme entité terroriste par les États-Unis marque un tournant dans la lutte contre le crime organisé qui usurpe le pouvoir politique. Cette décision met en lumière l’implication des régimes autoritaires dans le trafic de drogue, sapant la souveraineté nationale au profit d’activités illicites.
Depuis le 25 juillet 2025, la politique mondiale a vu son paysage redessiné par la classification du Cartel des Soleils comme organisation terroriste par les États-Unis. Cette démarche a levé le voile sur les régimes de gauche du XXIe siècle, révélant leur dépendance et leur implication dans le trafic de stupéfiants, une stratégie qui a échoué à masquer leurs actions derrière le paravent de la souveraineté vénézuélienne.
L’emprise du crime organisé transnational sur les institutions politiques a supplanté la notion même de souveraineté. L’expansion de la dictature cubaine, alimentée par les ressources pétrolières vénézuéliennes depuis 1999 et soutenue par des alliances régionales comme le Forum de São Paulo, a favorisé l’émergence d’une façade politique appelée « socialisme du XXIe siècle ». Derrière cette appellation se cache l’une des organisations criminelles les plus efficaces, qui mène une « guerre hybride » contre les démocraties américaines à travers la migration forcée, le trafic de drogue, le terrorisme, la criminalité commune et la déstabilisation interne, sans omettre les assassinats et autres actes répréhensibles.
Les dictatures issues du « socialisme du XXIe siècle » se sont rapidement muées en narco-États. Cuba, déjà engagée dans cette voie par des alliances passées, a consolidé son influence grâce au contrôle du Venezuela. Ce dernier est devenu une plaque tournante pour la production de cocaïne colombienne, impliquant des groupes comme les FARC et l’ELN, ainsi que la Bolivie sous Evo Morales et ses fédérations de producteurs de coca. Le Cartel des Soleils incarne ainsi le narco-État vénézuélien, son nom faisant référence aux insignes solaires arborés par les généraux vénézuéliens sous les ordres de Chávez puis de Maduro.
Un narco-État se définit comme un pays dont les institutions politiques sont profondément influencées par le pouvoir et la richesse issus du trafic de drogue. Ses dirigeants cumulent des fonctions officielles et des responsabilités au sein de réseaux illicites, bénéficiant de protections légales. La caractéristique essentielle d’un tel État réside dans l’utilisation par les autorités de leurs pouvoirs gouvernementaux pour participer activement aux différentes phases du trafic de stupéfiants.
La création et le fonctionnement de ces narco-États, exploitant les pouvoirs, les immunités et les privilèges diplomatiques pour s’implanter dans les organisations internationales et contrôler le discours public, constituent la méthode par laquelle les dictatures de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua et de la Bolivie ont accordé une impunité au crime organisé. Ces derniers utilisent le trafic de drogue et le terrorisme comme des armes dans le cadre de leur « guerre hybride » contre les démocraties, donnant naissance à une « politique du trafic de drogue à l’étranger » visant à légitimer le crime et ses acteurs.
Les gouvernements démocratiques des Amériques et d’Europe sont conscients de la menace constante que représentent le trafic de drogue, le terrorisme, la migration forcée et les diverses tactiques de guerre hybride pour leur stabilité interne. Ces agressions, souvent masquées par des dénégations ou des simulations de neutralité, ont pour origine les dictatures prônant le « socialisme du XXIe siècle », véritables instigatrices de ces crimes transnationaux.
La défense de la sécurité nationale des démocraties, notamment des États-Unis, de l’Argentine, de l’Équateur, du Paraguay, de la République Dominicaine, du Pérou et du Panama, passe par la répression du crime organisé lorsqu’il est infiltré au plus haut niveau du pouvoir politique. Les régimes dictatoriaux qui se réclament du « socialisme du XXIe siècle » peinent de plus en plus à justifier leur soutien au trafic de drogue. Défendre la souveraineté d’un pays libre ou la légitimité d’un gouvernement élu est une chose ; défendre un cartel de trafiquants, face à des preuves judiciaires, des mandats d’arrêt internationaux et des primes pour leur capture, en est une tout autre.
Le crime organisé, même lorsqu’il usurpe le pouvoir à Cuba, au Venezuela, au Nicaragua ou en Bolivie, ne saurait revendiquer la souveraineté. La souveraineté, définie comme l’autorité légitime suprême d’une entité politique, repose sur la légitimité, c’est-à-dire la licéité. Le Cartel des Soleils, en tant qu’entité criminelle illicite, s’inscrit dans une structure plus vaste se présentant comme le socialisme du XXIe siècle.
Le mouvement socialiste du XXIe siècle reconnaît que le rétablissement de la liberté et de la démocratie au Venezuela constitue une étape clé pour la libération des peuples opprimés par ce système de criminalité transnationale organisée. C’est pourquoi il a soutenu le Venezuela par le biais du terrorisme d’État, cherchant à simuler un conflit international afin de masquer sa véritable intention : protéger l’une de ses principales organisations criminelles.
Par Raul Castromaduro, Avocat et politologue. Directeur de l’Institut interaméricain pour la démocratie