Publié le 24 février 2026. Le président américain Donald Trump a dévoilé un plan ambitieux pour la reconstruction de Gaza, incluant la possible introduction d’un stablecoin pour faciliter les transactions financières dans le territoire dévasté, suscitant à la fois espoirs et scepticisme.
Dans le cadre de ce projet, le « Conseil de la paix » mis en place par l’administration Trump envisage de moderniser l’infrastructure financière de Gaza, confrontée à une pénurie chronique de liquidités depuis le début du conflit le 7 octobre 2023, date à laquelle Israël a restreint l’entrée de shekels sur le territoire. L’idée d’un stablecoin, une cryptomonnaie indexée sur une valeur stable comme le dollar américain, est encore à un stade préliminaire, selon le Financial Times.
Cinq sources proches des discussions ont précisé que l’objectif n’est pas de créer une nouvelle monnaie palestinienne, mais plutôt de fournir aux habitants de Gaza un moyen numérique d’effectuer des transactions. Une source anonyme a insisté :
« Il ne s’agira pas d’un « Gaza Coin » ou d’une nouvelle monnaie palestinienne, mais d’un moyen permettant aux Gazaouis d’effectuer des transactions numériques. »
Plusieurs options de stablecoins existants pourraient être envisagées, notamment Tether, dont la société Cantor Fitzgerald détient une participation de 5 %. L’administration Trump pourrait également se tourner vers USD1, le stablecoin de World Liberty Financial, cofondée par les fils du président, Donald Trump Jr. et Eric Trump. Ce dernier a connu une brève déstabilisation lundi, chutant à 0,994 $ avant de se redresser, une situation que la société a attribuée à des piratages de comptes et à la diffusion de « FUD » (Fear, Uncertainty and Doubt) par des influenceurs rémunérés, via un message publié sur X.
La situation monétaire à Gaza est particulièrement précaire. Le shekel, monnaie officielle, se fait de plus en plus rare en espèces. Les banques, bien que rouvertes à la fin de l’année dernière, peinent à trouver des liquidités. L’Autorité monétaire palestinienne, chargée de superviser la monnaie, n’a pas le pouvoir d’en émettre de nouvelles.
L’introduction d’une monnaie numérique se heurte toutefois à des défis considérables, notamment l’état délabré de l’infrastructure de télécommunications de Gaza, où les habitants sont confrontés à des connexions 2G lentes et peu fiables. Israël justifie ces limitations par la nécessité de cibler le Hamas, mais elles affectent lourdement la population civile.
Le projet de stablecoin est piloté par Liran Tancman, entrepreneur technologique et cofondateur du Cyber Command israélien, également impliqué dans la Fondation Humanitaire de Gaza (GHF), une organisation controversée critiquée pour ses liens avec des intérêts américains et israéliens. Des centaines de Palestiniens sont morts en tentant d’obtenir de l’aide alimentaire sur les sites de la GHF avant sa fermeture.
Tancman a récemment présenté au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), relevant du Conseil de la paix, ses plans de modernisation de l’infrastructure internet de Gaza.
« Le NCAG construit une infrastructure numérique sécurisée, une plateforme ouverte, permettant les paiements électroniques, les services financiers, l’apprentissage en ligne et les soins de santé avec un contrôle des données par l’utilisateur »
, a-t-il déclaré.
Il prévoit une mise à niveau du réseau téléphonique 2G d’ici juillet pour offrir un accès gratuit et haut débit aux services essentiels, et ambitionne de créer un système logistique inspiré d’Amazon pour faciliter le commerce et l’entrepreneuriat palestiniens.
« Nous promouvons un système logistique de type Amazon pour aider les Palestiniens à lancer des entreprises, à importer à l’échelle mondiale et à commercer en toute sécurité. Cela fera baisser les prix, stimulera la croissance et contribuera à transformer Gaza en une zone économique ouverte, transparente et sans corruption »
, a-t-il affirmé.
Lors de la réunion inaugurale du Conseil de la paix le 19 février, le président Trump a annoncé que les États-Unis s’engageraient à hauteur de 10 milliards de dollars, une promesse qui n’a pas encore été approuvée par le Congrès. La capacité de Trump à tenir ses engagements reste incertaine, d’autant plus qu’il pourrait conserver la présidence du Conseil de la paix même après avoir quitté ses fonctions en janvier 2029, malgré les limites de mandat constitutionnelles.
La réunion du Conseil de la paix a été marquée par la présence de dirigeants populistes et autoritaires, tels que Viktor Orban de Hongrie et Javier Milei d’Argentine, reflétant le recentrage de la politique étrangère américaine sous l’administration Trump. La couverture médiatique européenne a été largement sceptique quant à la capacité de Trump à améliorer la situation à Gaza, comme le soulignait France24 :
« Dans un discours décousu, Trump a dénoncé ses opposants nationaux, souligné les gains boursiers, nié les tendances homosexuelles et a approuvé la fortune politique de plusieurs dirigeants mondiaux sur scène, notamment les populistes Viktor Orban de Hongrie et Javier Milei d’Argentine. »