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Le Soudan protège l’Afrique de l’ingérence étrangère dans la guerre contre RSF, déclare FM | Guerre au Soudan Actualités

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Publié le 13 février 2026 17h26. Le Soudan accuse des ingérences étrangères d’alimenter sa guerre civile, qui entre dans sa troisième année, et appelle l’Union africaine à le soutenir dans ses efforts de stabilisation, alors que des accusations précises visent les Émirats arabes unis.

  • Le ministre soudanais des Affaires étrangères affirme que son pays protège l’Afrique contre des complots extérieurs.
  • Le Soudan accuse les Émirats arabes unis de fournir armes et financements aux Forces de soutien rapide (RSF).
  • L’Union africaine condamne l’ingérence étrangère et envisage de rétablir l’adhésion du Soudan.

Le Soudan se présente comme un rempart face à des forces extérieures cherchant à déstabiliser l’Afrique, alors que le conflit qui ravage le pays se prolonge. Mohieldin Salem, ministre soudanais des Affaires étrangères, a déclaré que son gouvernement fait face à une ingérence étrangère significative dans la guerre civile qui dure depuis près de trois ans. Il a lancé un appel à l’Union africaine (UA) pour obtenir un soutien dans ses efforts visant à stabiliser le pays.

Lors d’une interview accordée jeudi à Al Jazeera à Addis-Abeba, en marge d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, Salem a insisté sur le fait que le conflit opposant les Forces armées soudanaises (SAF) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) n’est pas un simple affrontement interne, mais une bataille contre une intervention extérieure.

« La guerre actuellement menée au Soudan est une guerre contre l’ingérence étrangère. Elle implique un grand nombre de mercenaires et une intervention extérieure importante via des financements et des armements avancés. »

Mohieldin Salem, ministre soudanais des Affaires étrangères

Selon Salem, le Soudan défend ainsi les intérêts de l’ensemble du continent africain. « Ce qui se passe au Soudan ne vise pas seulement notre pays, mais le continent tout entier », a-t-il affirmé.

Le ministre a souligné l’importance d’une collaboration avec l’UA, via son Conseil de paix et de sécurité, pour « avancer vers une stabilité durable au Soudan ». Il a également plaidé pour la levée de la suspension de l’adhésion du Soudan à l’UA, en vigueur depuis plus de quatre ans, estimant que cela bénéficierait à l’Afrique dans son ensemble.

L’UA avait suspendu l’adhésion du Soudan en octobre 2021, suite au limogeage du gouvernement du Premier ministre Abdalla Hamdok par le Conseil de souveraineté de transition, dirigé par l’armée, et à la déclaration de l’état d’urgence.

Le Soudan allègue l’ingérence des Émirats arabes unis

Le Soudan accuse régulièrement les Émirats arabes unis de fournir armes et financements aux RSF. L’année dernière, une plainte a été déposée contre les Émirats arabes unis devant la Cour internationale de Justice, les accusant de « complicité dans le génocide » commis par les RSF contre la communauté Masalit dans l’État du Darfour occidental. Les Émirats arabes unis ont fermement nié ces allégations.

Récemment, ils ont également rejeté des informations diffusées par l’agence Reuters, selon lesquelles ils financeraient et soutiendraient un camp d’entraînement en Éthiopie pour les RSF.

« Les Émirats arabes unis rejettent catégoriquement les allégations selon lesquelles ils auraient fourni des armes, des fonds, des formateurs ou un soutien logistique aux RSF, réitérant qu’ils ne sont pas partie au conflit soudanais et qu’ils se concentrent sur l’aide humanitaire et les efforts de cessez-le-feu. »

Haut responsable des Émirats arabes unis

Le responsable a précisé que les Émirats arabes unis « rejettent catégoriquement » toute fourniture d’armes, de fonds, de formateurs ou de soutien logistique aux RSF, soulignant qu’ils ne sont « pas partie » au conflit et qu’ils se concentrent sur l’aide humanitaire et les efforts de cessez-le-feu.

L’Arabie saoudite, un des principaux soutiens du gouvernement soudanais, a également condamné « l’ingérence étrangère » dans le conflit, notamment « l’afflux continu d’armes illégales, de mercenaires et de combattants étrangers », dans un communiqué publié samedi. Le ministère saoudien des Affaires étrangères n’a pas identifié les acteurs étrangers concernés.

Salem s’adresse à la réunion de l’UA

Ces déclarations interviennent alors que le Conseil de paix et de sécurité de l’UA se réunissait à Addis-Abeba pour discuter de plusieurs crises, dont la situation au Soudan. Le conflit a déjà fait environ 40 000 morts et plongé plus de 21 millions de personnes – près de la moitié de la population – dans une grave insécurité alimentaire.

L’invitation adressée à Salem à participer à la session, une première pour un représentant d’un État membre suspendu, laissait présager une possible levée de la suspension du Soudan.

S’adressant à la réunion, Salem a réitéré son appel à la réintégration de son gouvernement, affirmant que le conflit au Soudan était en voie de résolution et soulignant les efforts de paix en cours, selon l’agence Anadolu.

« La guerre n’est pas notre objectif et nous continuerons à rechercher la paix. »

Mohieldin Salem, ministre soudanais des Affaires étrangères

Il a accusé des acteurs étrangers non identifiés d’attiser le conflit.

L’UA condamne l’ingérence étrangère

Bien que le Conseil n’ait pas réintégré le Soudan, il a publié une déclaration condamnant fermement l’ingérence extérieure dans les affaires du Soudan et exhortant les acteurs étrangers à s’abstenir de « toute action qui continuerait à alimenter le conflit ». Le communiqué exprime une profonde préoccupation face au conflit, soulignant le nombre élevé de victimes civiles, la destruction des infrastructures et l’aggravation de la crise humanitaire.

La semaine dernière, des experts soutenus par les Nations Unies avaient averti que la malnutrition aiguë avait atteint des niveaux de famine dans deux autres zones de la région du Darfour, à l’ouest du Soudan, en raison des combats intenses.

Le Conseil a également condamné les violations des droits de l’homme contre les civils, exigé un accès humanitaire sans entrave et une protection pour les travailleurs humanitaires, et appelé à une trêve humanitaire immédiate en vue d’un cessez-le-feu.

Le Conseil a par ailleurs salué le retour du gouvernement de transition soudanais à Khartoum le mois dernier, après avoir opéré pendant près de trois ans depuis sa base de Port Soudan, sur la côte est du pays, un signal qui pourrait annoncer un changement dans la situation diplomatique.

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