Home Santé Le test HPV dans le sang menstruel détecte avec précision le précancer du col de l’utérus

Le test HPV dans le sang menstruel détecte avec précision le précancer du col de l’utérus

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Publié le 9 février 2026 à 13h16. Une nouvelle étude révèle qu’un simple test effectué sur une serviette hygiénique pourrait offrir une méthode de dépistage du cancer du col de l’utérus aussi précise que les tests cliniques traditionnels, tout en facilitant l’accès au dépistage pour les femmes du monde entier.

  • Le test sur serviette hygiénique détecte le virus du papillome humain (VPH) avec une précision comparable aux prélèvements effectués par un professionnel de santé.
  • Cette méthode non invasive pourrait surmonter les obstacles culturels, religieux et logistiques qui limitent l’accès au dépistage dans de nombreux pays.
  • L’étude a été menée auprès de plus de 3 000 femmes en Chine et publiée dans la revue médicale The BMJ.

Le cancer du col de l’utérus, l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes, est responsable d’environ 348 000 décès chaque année dans le monde. Il est presque entièrement prévisible grâce à un dépistage régulier et à un traitement rapide des infections à papillomavirus humains (VPH) à haut risque, qui sont à l’origine de la plupart des cas.

Cependant, le dépistage du VPH repose généralement sur des prélèvements effectués par des professionnels de santé, ce qui peut poser des problèmes d’accès dans les pays en développement, en raison du manque de ressources, de la sensibilisation limitée, des tabous culturels ou de la crainte de la stigmatisation. Les méthodes d’auto-prélèvement, comme les tampons vaginaux ou les brosses cervico-vaginales, offrent une alternative, mais peuvent être difficiles à utiliser pour certaines femmes.

Une étude précédente avait suggéré que le sang menstruel prélevé sur une serviette hygiénique pourrait constituer un échantillon de test non invasif et pratique. Les recherches ont montré que les résultats des tests VPH effectués sur le sang menstruel étaient plus corrélés à ceux des prélèvements cervicaux effectués par un clinicien que ceux obtenus à partir d’écouvillons vaginaux. De plus, 92 % des participantes préféraient l’auto-prélèvement menstruel.

L’étude actuelle, menée dans sept communautés de la province du Hubei en Chine, visait à évaluer l’exactitude diagnostique du test VPH effectué sur le sang menstruel par rapport aux prélèvements cervicaux effectués par un clinicien, pour détecter les lésions précancéreuses du col de l’utérus (CIN2+ ou CIN3+). Les scientifiques ont collecté trois échantillons auprès de 3 068 femmes âgées de 20 à 54 ans : du sang menstruel à l’aide d’un minipad spécialement conçu, des prélèvements cervicaux effectués par un clinicien et des échantillons cytologiques ThinPrep.

Les résultats ont démontré que le test VPH effectué sur le sang menstruel a identifié 94,7 % des lésions CIN2+, un chiffre comparable aux 92,1 % obtenus avec les prélèvements effectués par les cliniciens. Les deux méthodes présentaient également des spécificités similaires (89,1 % et 90,0 % respectivement). La valeur prédictive négative était de 99,9 % pour les deux types d’échantillons, ce qui indique que très peu de lésions de haut grade ont été manquées.

Les chercheurs ont constaté une concordance complète des génotypes VPH dans 96,2 % des cas, ce qui confirme la fiabilité de la méthode. Diagnostic et dépistage étaient comparables entre les deux méthodes.

Les auteurs de l’étude soulignent que cette méthode pourrait encourager les femmes à s’informer sur leur santé et à adopter des comportements préventifs. Ils notent que « cet effet d’alerte psychologique peut transformer le dépistage d’une surveillance passive à une gestion active de la santé. »

Bien que prometteurs, les résultats nécessitent des recherches supplémentaires pour évaluer la rentabilité et la faisabilité de la mise en œuvre de cette méthode à grande échelle. Les futures études devraient également comparer le sang menstruel à d’autres méthodes d’auto-prélèvement validées.

Les résultats de cette étude soutiennent l’intégration du test VPH basé sur le sang menstruel dans les directives nationales de dépistage du cancer du col de l’utérus.

Référence du journal :

  • Tian, ​​X., Cao, C., Wang, L. et al. (2026). Test du sang menstruel pour le virus du papillome humain lors du dépistage du cancer du col de l’utérus en Chine : étude transversale basée sur la population. The BMJ. https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-084831

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