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Le traitement combiné GLP-1 et GLP-2 semble sûr mais ne surpasse pas le placebo pour l’obésité

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Publié le 25 février 2026 à 02:03:00. Un essai clinique danois initial sur le dapiglutide, un médicament combinant deux hormones intestinales, n’a pas démontré de perte de poids statistiquement significative chez les personnes obèses, malgré des signaux métaboliques encourageants, soulignant les défis du développement de nouvelles thérapies contre l’obésité.

  • Un essai de phase IIa mené au Danemark sur 54 adultes obèses n’a pas révélé de différence statistiquement significative en termes de perte de poids entre les groupes recevant du dapiglutide (4 mg ou 6 mg) et ceux recevant un placebo.
  • Le dapiglutide, un agoniste double des récepteurs GLP-1 et GLP-2, a été généralement bien toléré, avec des effets secondaires principalement gastro-intestinaux.
  • Les chercheurs soulignent que des études plus vastes et de plus longue durée sont nécessaires pour évaluer pleinement le potentiel de cette nouvelle approche thérapeutique.

L’obésité, une crise de santé publique mondiale, est caractérisée par une accumulation excessive de graisse et est associée à un risque accru de maladies graves telles que le diabète de type 2, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies cardiaques. Les interventions traditionnelles, axées sur les changements de mode de vie, ont souvent un succès limité à long terme, ce qui stimule la recherche de nouvelles solutions pharmacologiques.

Le développement récent d’agonistes des récepteurs GLP-1, comme le sémaglutide, a marqué une avancée significative dans le traitement de l’obésité en imitant les hormones naturelles qui favorisent la sensation de satiété. Les chercheurs explorent désormais la possibilité d’améliorer encore l’efficacité de ces médicaments en ciblant simultanément plusieurs récepteurs.

Le dapiglutide représente une nouvelle génération de médicaments potentiels, agissant à la fois sur les récepteurs du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) et du glucagon-like peptide-2 (GLP-2). Le mécanisme d’action du médicament vise à réduire l’appétit grâce à l’activation du GLP-1, tout en améliorant potentiellement l’intégrité de la barrière intestinale et en réduisant l’inflammation grâce au GLP-2. Cependant, le rôle précis du GLP-2 dans l’obésité humaine reste encore à élucider.

L’étude danoise, publiée dans la revue eMédecineClinique, a inclus 54 adultes souffrant d’obésité (indice de masse corporelle, IMC supérieur à 30 kg/m2). Les participants ont été répartis au hasard en trois groupes recevant soit 4 mg de dapiglutide, soit 6 mg de dapiglutide, soit un placebo pendant 12 semaines. Les injections ont été administrées progressivement pour minimiser les effets secondaires.

Les résultats ont montré que les participants ayant reçu 6 mg de dapiglutide ont connu une réduction de poids corporelle de 2,1 % supérieure à celle du groupe placebo (p = 0,076), un résultat qui, bien qu’encourageant, n’a pas atteint une signification statistique. Le groupe placebo a lui-même perdu en moyenne 2,2 % de son poids, ce qui, selon les chercheurs, a pu influencer l’interprétation des résultats.

En termes de paramètres secondaires, le groupe recevant 6 mg de dapiglutide a présenté une réduction de 2,4 mmol/mol de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) par rapport au groupe placebo (p = 0,006), ce qui suggère une amélioration du contrôle glycémique. Aucun changement significatif des taux de lipides n’a été observé.

Le dapiglutide a été généralement bien toléré, avec des effets secondaires principalement gastro-intestinaux tels qu’une perte d’appétit (61 %) et des nausées (56 %). Un événement indésirable grave, un carcinome pulmonaire à petites cellules avec dissémination, s’est produit dans le groupe recevant 6 mg, mais a été jugé sans lien avec le médicament.

Les chercheurs concluent que, bien que prometteur, le dapiglutide n’a pas démontré une efficacité significative en termes de perte de poids dans cette étude de phase IIa. Des essais cliniques plus vastes, avec des doses plus élevées et une durée de traitement plus longue, sont nécessaires pour déterminer si cette approche thérapeutique à double récepteur peut offrir un bénéfice clinique significatif aux personnes souffrant d’obésité.

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