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Le tribunal de Tacloban refuse la libération sous caution de Cumpio et Domequil pour financement présumé du terrorisme

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Publié le 18 février 2026 à 14h54. Un tribunal philippin a refusé la libération sous caution de deux journalistes, Frenchie Mae Cumpio et Mariel Domequil, récemment condamnées pour financement du terrorisme, malgré les arguments de leur défense concernant leur coopération avec la justice et un acquittement antérieur dans une affaire connexe.

  • Le Tribunal régional de première instance de Tacloban (RTC) estime que les journalistes présentent un risque de fuite en raison de la gravité de leur peine et de leurs liens avec diverses organisations.
  • La défense avait plaidé pour leur libération, soulignant leur participation à la procédure judiciaire et leur intention de contester la constitutionnalité de leur désignation comme terroristes.
  • Les organisations de défense des droits humains dénoncent une « erreur judiciaire » dans cette affaire, qui s’inscrit dans un contexte de répression de la presse aux Philippines.

Le tribunal de Tacloban a rejeté, le 13 février, la demande de libération sous caution déposée par Frenchie Mae Cumpio et Mariel Domequil, condamnées le 22 janvier pour violation de la loi de 2012 sur la prévention et la répression du financement du terrorisme. La décision du tribunal, branche 45 du RTC, estime que les accusées n’ont pas présenté de « motifs solides ou impérieux » justifiant une libération provisoire en attendant l’appel de leur condamnation.

Dans sa décision, le tribunal a souligné que la libération sous caution, bien qu’étant un droit avant la condamnation, relève de la discrétion judiciaire une fois qu’une personne a été reconnue coupable. Il a également mis en avant le risque accru de fuite en raison de la lourde peine encourue – une peine de prison indéterminée allant de 12 ans et cinq mois à 18 ans et huit mois, ainsi qu’une amende de 500 000 pesos philippins (environ 8 800 €) chacune.

« En raison de la lourde peine imposée, il existe une incitation accrue à échapper à la détention », a déclaré le tribunal. Il a également insisté sur le fait que les liens des deux femmes avec diverses organisations augmentent considérablement le risque d’évasion, leur permettant d’accéder à des réseaux de soutien logistique et financier.

La défense avait argumenté que Cumpio et Domequil avaient coopéré pleinement avec la justice et n’avaient montré aucune intention de fuir. Elle avait également présenté des certificats de bonne moralité de la prison de Tacloban et souligné leur acquittement dans une affaire distincte concernant la possession illégale d’explosifs. De plus, les avocates avaient annoncé leur intention de contester la constitutionnalité de la procédure de « désignation de terroriste », estimant que les proclamations présidentielles ne peuvent pas désigner unilatéralement des individus comme terroristes.

Le tribunal a cependant rejeté cet argument, estimant que l’acquittement dans l’affaire des explosifs n’avait aucune incidence sur la décision concernant la libération sous caution. Il a également jugé plus « prudent et judicieux » de reporter la décision finale sur leur droit à la libération sous caution à la Cour d’appel, compte tenu de la procédure d’appel en cours.

Cette affaire intervient après plus de six ans de détention pour Cumpio et Domequil, arrêtées lors d’un raid en février 2020. Les organisations de défense des droits humains dénoncent cette arrestation comme une tentative de punir la couverture journalistique des abus militaires dans les Visayas orientales. Elles qualifient la condamnation d’« erreur judiciaire » et craignent pour la sécurité des deux femmes.

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