Publié le 9 février 2026 23:45:00. Un procès historique s’ouvre à Los Angeles, accusant Instagram et YouTube d’avoir délibérément conçu leurs plateformes pour créer une dépendance chez les jeunes, une plaignante affirmant que ces réseaux sociaux ont contribué à ses problèmes de santé mentale.
- Une jeune femme de 20 ans poursuit Instagram et YouTube pour dépendance, alléguant des conséquences graves sur sa santé mentale.
- Le procès vise à déterminer la responsabilité des plateformes de médias sociaux dans les effets néfastes sur les utilisateurs de moins de 18 ans.
- TikTok et Snapchat, initialement impliqués, ont conclu des accords à l’amiable avant le début du procès.
Le procès, qui s’est ouvert lundi devant la Cour supérieure du comté de Los Angeles, pourrait redéfinir la manière dont les tribunaux considèrent la responsabilité des réseaux sociaux dans les problèmes de santé mentale des jeunes. Kaley GM, la plaignante, affirme que les fonctionnalités d’Instagram et de YouTube ont été conçues pour encourager une utilisation compulsive dès son enfance, contribuant à la dépression et à des pensées suicidaires.
« Ces entreprises ont construit des machines conçues pour rendre accro le cerveau des enfants, et elles l’ont fait exprès », a déclaré GM. Ses avocats soutiennent que les algorithmes de défilement infini et de lecture automatique sont des tactiques délibérées pour maximiser l’engagement des utilisateurs, en particulier chez les jeunes, et rappellent des stratégies similaires utilisées dans des affaires liées à la toxicomanie.
Bien que TikTok et Snapchat aient été initialement cités en justice, des documents judiciaires révèlent qu’ils ont conclu des accords confidentiels avec la plaignante avant le début du procès. Meta Platforms Inc. (maison mère d’Instagram) et Google (maison mère de YouTube) sont désormais les seuls défendeurs dans cette affaire.
Le résultat de ce procès pourrait avoir des implications considérables. Il pourrait influencer la manière dont les futurs plaignants formulent leurs recours et inciter d’autres entreprises à privilégier des règlements à l’amiable plutôt que de risquer un procès. Les experts juridiques estiment également qu’un verdict pourrait contraindre les entreprises technologiques à repenser la conception de leurs produits destinés aux jeunes utilisateurs.
Pour la première fois, un jury sera amené à examiner les connaissances des entreprises de médias sociaux concernant les risques liés à la conception de leurs plateformes et la manière dont elles ont agi en fonction de ces informations. Haley Hinkle, conseillère politique de Fairplay, une organisation qui promeut des espaces numériques plus sûrs pour les enfants, souligne l’importance de ce procès.
Au-delà de l’affaire de Kaley GM, Meta et Google sont confrontés à plus de 2 300 plaintes similaires à l’échelle nationale. Des parents, des districts scolaires et des procureurs généraux d’États américains accusent les plateformes de médias sociaux de nuire aux jeunes utilisateurs. Un juge fédéral examine actuellement la validité des protections de responsabilité dont bénéficient ces plateformes, une décision qui déterminera le calendrier du premier procès fédéral, potentiellement dès juin.