Publié le 21 février 2026 07:02:00. Le Mexique a consolidé sa position de premier partenaire commercial des États-Unis en 2025, devenant à la fois son principal fournisseur et son premier marché d’exportation, une dynamique renforcée par la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement et les tensions commerciales avec la Chine.
- Les exportations mexicaines vers les États-Unis ont atteint un niveau record en décembre 2025.
- Le Mexique représente désormais 15,7 % des importations américaines, dépassant le Canada et la Chine.
- Malgré les menaces de nouvelles taxes douanières, l’accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM) continue de favoriser les échanges commerciaux.
L’année 2025 a marqué un tournant dans les relations commerciales entre le Mexique et les États-Unis. Les chiffres du Bureau du recensement américain (US Census Bureau), relevant du ministère du Commerce, révèlent une progression constante des exportations mexicaines tout au long de l’année, culminant à un niveau record en décembre. Sur l’ensemble de l’année, de janvier à décembre 2025, les ventes mexicaines sur le marché américain ont totalisé 534,874 milliards de dollars (USD), soit une augmentation de 5,8 % par rapport aux douze mois précédents.
Cette performance permet au Mexique de conserver son statut de premier fournisseur de marchandises des États-Unis, accaparant 15,7 % des importations totales de son voisin du nord. Ce chiffre contraste avec les 13,3 % enregistrés entre janvier et juin 2020, avant l’entrée en vigueur de l’ACEUM (anciennement connu sous le nom d’ALENA). Entre le second semestre 2020 et 2025, le Mexique a ainsi gagné 2,4 points de pourcentage dans sa part des importations américaines, et ce, malgré les droits de douane imposés par l’administration Trump l’année dernière.
Le flux commercial ne va pas qu’un seul sens. Entre janvier et décembre 2025, les États-Unis ont exporté vers le Mexique pour une valeur de 337,960 milliards de dollars (USD), sans droits de douane, ce qui représente 15,5 % du total de leurs exportations. Ce volume dépasse celui des exportations vers le Canada, qui s’élève à 336,518 milliards de dollars (USD), soit 15,4 % du total. En combinant les exportations et les importations, le commerce bilatéral entre le Mexique et les États-Unis a atteint 872,834 milliards de dollars (USD) en 2025, un montant sans précédent qui représente 15,6 % des échanges de marchandises des États-Unis avec le monde. Cette part est supérieure à celle du Canada (12,8 %) et de la Chine (7,4 %).
Cette situation peut être comparée à un coup gagnant au baseball : le Mexique a réalisé un « triple jeu ». Non seulement il s’est imposé comme le principal fournisseur des États-Unis depuis 2023, mais il est également devenu, en 2025, le premier importateur de produits américains. En étant à la fois le principal fournisseur et le plus grand marché d’exportation, le Mexique s’est affirmé comme le partenaire commercial numéro un des États-Unis.
Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique. La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales après la pandémie de COVID-19, la demande accrue de produits mexicains aux États-Unis et les tensions commerciales avec la Chine ont joué en faveur du Mexique. Un élément crucial a également été la réduction de l’exposition de l’économie mexicaine aux taux tarifaires sur les importations américaines.
Cette réduction est due aux préférences tarifaires accordées par l’administration Trump aux marchandises importées respectant les règles d’origine de l’ACEUM, un accord ratifié par un décret signé par le président ce vendredi. Cela renforce l’idée que l’intégration nord-américaine est difficile à remettre en question. En décembre dernier, 83 % des exportations mexicaines sont entrées sur le marché américain sans taxe, grâce à l’ACEUM. Les 17 % restants étaient soumis à des droits de douane, mais le taux effectif était d’environ 4,4 %, inférieur aux 9,3 % observés au niveau mondial. Avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les droits de douane effectifs du Mexique étaient pratiquement nuls.
Cependant, l’avenir reste incertain. Ce vendredi, la Cour suprême des États-Unis a annulé la plupart des tarifs imposés par Trump, estimant que le président avait outrepassé ses pouvoirs fiscaux sans autorisation du Congrès. Néanmoins, l’offensive tarifaire américaine ne s’arrête pas là. Hier soir, Donald Trump a signé un décret imposant des droits de douane mondiaux de 10 %, qui pourraient s’ajouter à ceux déjà en vigueur et affecter le Mexique, notamment dans les secteurs automobile, de l’acier et de l’aluminium. Si cela se confirme, il ne fait aucun doute que les tarifs douaniers sont là pour durer.