Publié le 2025-10-10 04:49:00. Caracas dénonce une potentielle agression des États-Unis et demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Venezuela s’inquiète d’un « déploiement militaire sans précédent » américain, qualifié d' »intimidation » destinée à provoquer un « changement de régime ».
- Le Venezuela a officiellement demandé la convocation « d’urgence » du Conseil de sécurité des Nations Unies.
- La requête fait suite à des informations jugées « prouvées, raisonnables et objectives » par Caracas, indiquant une possible « attaque armée » américaine à très court terme.
- Le gouvernement vénézuélien dénonce un déploiement militaire américain inhabituel près de ses côtes, interprété comme une tentative de déstabilisation.
Dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité de l’ONU, Vassily A. Nebenzia, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yván Gil, a fait état de la menace imminente. Caracas a exigé que le Conseil de sécurité se réunisse pour « déterminer l’existence d’une menace à la paix et formuler des recommandations pour mettre fin aux plans d’agression américains ». Le Venezuela reproche aux États-Unis d’avoir « fermé toutes les voies de contact diplomatique », selon des informations rapportées par le New York Times.
La demande vénézuélienne s’appuie sur un « déploiement militaire sans précédent » américain, incluant des destroyers, des avions de combat, des troupes d’élite, des équipements pour opérations spéciales et même un sous-marin nucléaire, tous positionnés à proximité des eaux territoriales vénézuéliennes. Si les États-Unis affirment que ce déploiement vise à lutter contre le trafic de drogue, le gouvernement de Nicolás Maduro maintient qu’il s’agit d’un « faux combat » et d' »actions d’intimidation » orchestrées dans le but de provoquer un « changement de régime ».
Caracas met également en garde contre trois « déclarations dangereuses » attribuées au président américain Donald Trump. La première, prononcée le 22 septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, aurait exprimé la volonté d’user de la puissance militaire américaine pour renverser le président Maduro. La seconde, datant du 3 octobre, aurait consisté à notifier au Congrès américain l’engagement du Venezuela dans un « conflit armé non international » avec des cartels de drogue. Enfin, une troisième déclaration, datée du 4 octobre, aurait suggéré de « commencer à chercher par voie terrestre » les trafiquants de drogue présumés, ce que le Venezuela interprète comme « l’imminence d’une violation » de sa souveraineté nationale.
Le Venezuela a prévenu que cette « agression imminente » aurait des « graves répercussions sur la paix, la stabilité et la sécurité de toute la région de l’Amérique latine et des Caraïbes ». De son côté, Cuba a jugé ces prétextes américains à une « agression militaire » « légalement ou moralement inacceptables » et a appelé à une mobilisation internationale pour l’empêcher. Le gouvernement Trump accuse le président Maduro de diriger le « Cartel des Soleils », une organisation désignée comme terroriste par les États-Unis et prétendument liée au trafic de drogue, accusations que le Venezuela rejette catégoriquement.